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Mis à jour 27-10-2009 19:06

Combat des chefs sur le toit de l’Europe

La bataille pour le poste de président de l'Union européenne s’intensifie. Les candidats possibles commencent à se dévoiler.

Alors que le traité de Lisbonne semble en passe d'être adopté, une de ses principales innovations fait rêver de nombreux responsables politiques : le poste prestigieux de président du conseil européen. Dès jeudi lors du sommet de Bruxelles, les chefs d’Etat devraient commencer à discuter du nom de celui qui deviendra le visage et la voix de l’UE. L’équation est compliquée. "Il faut trouver le bon équilibre entre une personnalité charismatique mais pas trop activiste, estime Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale du think thank Notre Europe : ce ne doit pas être un président exécutif mais un chairman. Il faut un rassembleur, quelqu'un qui soit capable de créer du consensus au sein du conseil européen et qui accepte de s’insérer dans le jeu institutionnel." Tour d’horizon des candidats possibles.

Tony Blair
Londres milite activement pour son ancien Premier ministre. Mais Tony Blair, candidat quasi-déclaré, semble en perte de vitesse après avoir été donné grand favori. Son principal atout, sa stature internationale, est aussi un défaut rédhibitoire pour ses nombreux détracteurs : il risquerait de faire de l’ombre aux autres institutions européennes. Surtout, il vient d’un pays fortement eurosceptique qui a refusé de renoncer à sa Livre sterling.

Jean-Claude Juncker
"Si un appel m'était lancé, je n'aurais pas de raison de refuser de l'entendre." Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, s’est clairement dit intéressé par le poste hier dans le Monde. Européen convaincu et doyen des dirigeants européens en exercice, il peut faire valoir son expérience. Mais "il fait un peu figure d’homme du passé et les reproches faits à son pays d’être un paradis fiscal pourraient le desservir", selon Philippe Moreau-Defarges, de l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Jan-Peter Balkenende
"Les chances sont plus grandes pour une personnalité pas trop éclatante et pour un ressortissant d’un petit pays", juge Philippe Moreau-Defarges. Le chef du gouvernement néerlandais, Jan-Peter Balkenende, remplit ces conditions et pourrait s’imposer comme l'homme du compromis. Il est en outre chrétien-démocrate, un atout dans une Europe où la droite domine. Mais cet homme de 53 ans manque peut-être un peu trop d'aura.

Les autres
Et si l’UE était représentée par une femme ? la Suédoise Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, a milité en ce sens lundi. Mais l’une des rares femmes pressenties, l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, ne serait pas intéressée par le poste. Pour Philippe Moreau-Desfarges, "le Belge Guy Verhofstadt et le Finnois Paavo Lipponen sont les candidats les plus probables. Mais il peut en surgir d’autres d'ici-là".

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