"On vous demande de quitter la ville dans les trois jours ou dans le cas contraire nous serons dans l’obligation d’en venir à des solutions similaires à celles employées le 15 août". Bien qu'un peu ambigü, le message est sans appel : partez ou vous mourrez.
69 habitants de la ville de Puerto Asis , au sud-ouest de la Colombie, figurent sur une liste noire rendue publique sur Facebook. Après que la police ait d'abord crû à une mauvaise blague, elle a fini par prendre l'affaire au sérieux en réalisant que trois adolescents sur la liste avaient été tués, a déclaré à l'AFP le général Jose Leon Riano.
3 adolescents abattus
Agés de 16, 17 et 19 ans, ils ont été tués par balle. Deux d'entre eux, Diego Ferney Jaramillo, et Eibart Alejandro Ruiz Munoz, ont été abattus le 16 août alors qu'ils circulaient à moto. Le lendemain de leur mort, la fameuse liste était mise en ligne. Le troisième, Norbey Alexander Vargas, 19 ans, a été tué lui aussi par arme à feu le 20 août tandis qu'un autre ado de 16 ans était blessé durant la sordide opération.
Depuis lors, des petits messages sont laissés sur les voitures des proches des adolescents ciblés par la liste. Là encore un seul message : obtempérer et quitter la ville sous peine de mort.
La police, qui doit faire face pour la première fois à ce genre de situation où une liste d'hommes à abattre est rendue publique sur Facebook, est sur deux pistes. Il pourrait s'agir d'un gang appelé Los Rastrojos (ce qui signifie le chaume, soit les morceaux de tiges de paille qui restent en terre après les moissons, ndlr) mais la piste des Farc, les Forces armées révolutionnaires colombiennes.
Au tour des filles ?
Alors que la ville de Puerto Asis tremble devant ces menaces, la panique est montée d'un can lundi 23 août. En effet, une nouvelle liste a été publiée. Elle inclut cette fois-ci le nom de 31 adolescentes.
Plusieurs familles visées dans la liste noire ont déjà fui la ville, préférant ne pas mettre la vie de leurs enfants en danger tant que la police n'a pas éclaircie de le mystère. Cette dernière, en quête de piste sérieuse, offre quelque 2.000 euros à qui saura la renseigner sur cette affaire.
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