Comment est-tu arrivée sur Tara ?
A l’été 2008, j’étais en stage au laboratoire à la station biologique de Roscoff dans l’équipe de Colomban de Vargas, coordinateur scientifique à Tara Océans. Il m’a parlé de l’expédition, et pendant toute l’année, je lui ai envoyé des mails pour savoir où en été le projet. J’ai demandé un stage sur Tara et j’ai pu participer sur le chantier deux mois cet été avant d’embarquer pour environ deux mois.

C’est long pour un scientifique !
Je pense que c’est bien car il faut du temps pour maîtriser les protocoles et apprendre à gérer les fournitures. Il faut de la continuité pour que le projet puisse avancer.

Quel est ton rôle à bord ?
Je m’occupe principalement de toutes les filtrations de protistes. Les protistes sont des organismes unicellulaires. Dans ces microorganismes une seule cellule remplit toutes les fonctions : se nourrir, se reproduire, bouger, éliminer. Ce sont les protistes qui pompent le carbone de l’atmosphère : ils sont capables de se constituer une coque à partir du carbone dissout dans l’océan, en le transformant en carbonate de calcium. Périodiquement, cette coque tombe au fonds de l’océan, le CO2 de l’atmosphère est ainsi définitivement capturé. Le protiste reforme une nouvelle coque et le cycle redémarre. Ils influencent ainsi le climat. Comment vont-il évoluer avec le réchauffement climatique et l’acidification des océans ? C’est l’une des questions que nous nous posons.

Comment s’organise le travail ?
Nous effectuons deux à trois « stations » scientifiques de douze heures par étape. A chaque fois, c’est un millier de litres d’eau qui sont pompés ou prélevés, puis filtrés. Je prépare et j’étiquette environ 75 échantillons à chaque station. C’est beaucoup de travail, c’est fatiguant, mais j’aime bien me mettre à fond. Ça fait du bien de se dépasser !