Vaincu, battu, défait à la présidentielle, puis aux législatives, au gré d'une triangulaire remportée par la candidate PS dans son fief du Béarn, au soir du second tour, le président du MoDem, François Bayrou, avait annoncé qu'il serait amené "à prendre du recul", à "changer la forme de son engagement".
Sûr que son "discours de vérité" finira par triompher...
Quinze jours ont passé, et ce 30 juin, le chantre d'un centrisme strict, entre gauche et droite, s'est exprimé à l'issue d'un Conseil national de son parti. Lors de cette réunion, quelque 150 délégués ont tenté de tirer les enseignements de leur échec aux dernières élections et de tracer des perspectives pour la suite. Car il y a un avenir pour le MoDem, en tout cas son leader en est convaincu : "le réel, plus éloquent que toute déclaration" finira par valider sa vision.
"Jusqu'au mois de juin, j'ai fait beaucoup de déclarations pour dire : voilà ce qui va se passer en France, les décisions qui seront prises seront différentes de ce que l'on vous promet" a dit François Bayrou, à qui le "discours de vérité" sur lequel il avait basé sa campagne présidentielle n'a valu que 9,13% des voix et le cinquième rang.
Il n'empêche, Bayrou n'en démord pas, les faits vont "servir de juge de paix", "les Français vont ouvrir les yeux sur la réalité des choses. Et, le fait d'avoir été fidèle au pacte de vérité que l'on a avec eux va jouer un très grand rôle" et, espère-t-il, redonner des couleurs au MoDem.
Pas un retrait, mais une prise de recul...
A ceux qui voudraient l'enterrer politiquement, François Bayrou a commencé par assuré que contrairement aux rumeurs, il n'avait "jamais eu l'intention d'abandonner ses responsabilités" à la tête du parti. "J'assumerai les responsabilités de président de cette famille politique. Elle m'a été confiée par ce mouvement que j'ai fondé et tous ceux qui se sont exprimés ce matin ont tous manifesté leur attente que le président fasse son travail", a-t-il dit.
"Simplement, j'ai indiqué que j'avais l'intention, dans les mois qui viennent de prendre du recul" a poursuivi le Béarnais, affirmant que "c'est bien aussi de visiter le pays du silence".
Moins de contingence, plus de fond...
"Cela fait au moins dix ans que je suis en première ligne de tous les combats quotidiens, de toutes les bagarres politiques et j'estime nécessaire de trouver une autre manière de m'exprimer qui touche davantage à l'essentiel qu'aux évènements fugaces de la vie de tous les jours", a-t-il expliqué.
Au cours de sa cure de silence, le centriste ne s'interdit pas de prendre la parole, mais "dans les semaines et mois qui viennent", s'il intervient, "ce sera sur ces grands sujets essentiels de la vie du pays" a-t-il répété, précisant qu'il avait "notamment l'intention de travailler sur l'horizon européen de la France".
Un dernier mot pour parler à Hollande des impôts...
Durant cette absence qui s'annonce donc très relative, M. Bayrou a indiqué que "l'expression de tous les jours sera assurée par les six vice-présidents du MoDem autour de Marielle de Sarnez et par [leur] porte-parole Yann Werhling".
Enfin, en guise de conclusion, le président du MoDem, égal à lui-même, c'est-à-dire très préoccupé par les questions économiques et fiscales, a conclu par une adresse au président François Hollande : "Ce n'est pas en multipliant les impôts qu'on peut imaginer redresser un pays. On ne peut le faire qu'en se tournant vers l'activité, la création et la production. Et il n'y aura pas d'avenir dans ces domaines s'il y a surcharge d'impôts".










































