Peut-on effacer ses traces sur Internet ? De plus en plus, les vies privées s’exposent sur la Toile. Au risque d'être prises au piège. On ne compte plus les exemples de mésaventures liées à Facebook ou aux blogs, du candidat à un emploi écarté à cause d’une photo compromettante au salarié licencié pour avoir exprimer ses opinions. Même de simples mots-clefs sur un moteur de recherche peuvent être utilisés à des fins marketings.


Face à ces dangers, des parlementaires se saisissent de la question du droit à l’oubli numérique. Un amendement vient d’être adopté à l’Assemblée pour demander au gouvernement un rapport sur la conservation des données électroniques, et une proposition de loi va bientôt arriver au Sénat pour sensibiliser les internautes aux risques liés à l’étalage de leur vie privée. La secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, donnera de son côté jeudi prochain le coup d’envoi d’une vaste réflexion sur le sujet, qui débouchera sur l’élaboration d’une charte.

Il s’agit de « faire pression sur les opérateurs, en leur faisant comprendre qu’ils risquent de perdre la confiance des utilisateurs s’ils n’adoptent pas un comportement vertueux », explique-t-on dans son entourage. Car si le droit à l’oubli existe en France, il n’est pas contraignant pour des opérateurs américains comme Google et Facebook. Et il est très difficile à mettre en œuvre quand une information se propage de manière incontrôlable.

« Il faut d'abord encourager les gens à être prudents, estime donc Guillaume Desgens-Pasanau, co-auteur de L'identité à l'ère numérique : ils doivent se protéger contre eux-mêmes ».