Après six jours d'interruption, le procès d'Anders Breivik a repris le jeudi 3 mai au tribunal d'Oslo. Suite aux deux semaines essentiellement consacrées aux témoignages de l'extrémiste de droite, les juges se penchent cette fois-ci sur le témoignage du capitaine Jon Olsen qui dirige le ferry MS Thorbjoern. Lors de la fusillade du 22 juillet, ce dernier était chargé de faire la liaison avec l'île d'Utoeya, où Breivik est accusé d'avoir tué 69 personnes. Accompagné d'un vigile, il a commencé à relater devant la cour comment Anders Breivik avait réussi à s'introduire sur l'île en se déguisant en policier avant d'ouvrir le feu sur un rassemblement de jeunes travaillistes.
"On dégage une certaine autorité quand on arrive en uniforme de policier", a expliqué de son côté Simen Braeden Mortensen au 11ème jour du procès de l'extrémiste de droite. Chargé de contrôler les personnes voulant embarquer pour Utoeya, ce jeune vigile explique que Breivik affirmait avoir été envoyé sur l'île par précaution après l'attentat à la bombe qui venait de ravager le siège du gouvernement à Oslo. Attentat que le tueur présumé revendiquera après son arrestation. Si le vigile affirme avoir "tiqué" en voyant arriver l'homme en uniforme, la carte du service de renseignement intérieur que Breivik portait autour du cou "a eu raison de ses soupçons".
"C'était totalement silencieux"
Passé ce premier obstacle, le tireur a pu embarquer sur le ferry MS Thorbjoern, immobilisé sur Utoeya après l'attentat d'Oslo mais exceptionnellement envoyé sur l'autre rive pour convoyer le faux policier. Juste après avoir débarqué la lourde caisse qu'Anders Breivik affirme être remplie d'équipements de détection d'explosifs, mais qui s'avère être pleine de munitions, le capitaine du ferry relate comment Breivik a abattu sa première victime : le vigile du camp. "Je pense alors qu'il s'agit d'un exercice mais, d'un autre côté, j'imagine que j'aurais été au courant", s'est souvenu Jon Olsen. Lui-même s'est enfui sur le ferry après les premiers coups de feu, laissant derrière lui sa concubine morte et sa fille.
"C'était totalement silencieux. Je pensais que le ciel allait bientôt être rempli d'hélicoptères, que le fjord serait couvert de bateaux et de gyrophares mais non, rien ne se produisait", a-t-il précisé. Ayant reçu un message affirmant que sa fille était saine et sauve, le capitaine a ensuite aidé à convoyer les services de secours sur l'île et à en évacuer morts et blessés.
Les attaques de Breivik ont fait au total 77 morts dont 69 sur Utoeya, parmi lesquels de nombreux adolescents. S'il reconnaît les faits, l'extrémiste de 33 ans plaide non coupable, qualifiant son geste d'"attaques préventives contre les traîtres à la patrie" coupables, à ses yeux, de livrer la Norvège au multiculturalisme et à "l'invasion musulmane".


































