Il y a eu beaucoup de défections au Modem, notamment dans les Hauts-de-Seine. Avez-vous encore l'impression d'avoir une équipe unie derrière vous ?
La liste compte 209 personnes unies qui portent un projet. Dans les Hauts-de-Seine, la première adjointe du maire de Sceaux, Chantal Brault, fait un travail reconnu par tous les groupes présents dans le département. Je vois bien de quelle manière on aborde à chaque fois le Modem. Nous sommes en train de créer une nouvelle force politique avec un centre libre et indépendant. C'est une offre politique qui dérange, ce qui explique que l'on tente de le déstabiliser. Ici et là, des gens prétendent que ça ne va pas au Modem. C'est faux ! Aujourd'hui, il y a des gens qui arrivent au Modem, notamment dans le Val-de-Marne. Aurait-on pu réunir 1500 personnes pour concourir à tous les conseils régionaux de France si la situation était si grave ? Le Modem va très bien. On est dans une élection de listes, qui n'est pas facile pour les formations politiques en devenir, et forcément nous avons nos petits réglages. Mais il ne s'agit que de réglages.

Depuis le début de la campagne, vous défendez vos priorités que sont l'emploi et le développement économique. Ces sujets ont été finalement peu relayés. Pour quelle raison ?
Avec le bilan de la région et le débat sur le Grand Paris, on n'a pas pu aborder ces questions. Le Grand Paris, c'est un projet qui propose d'ici à 2025 une solution de transports qui n'est pas la bonne, qui continuera de déséquilibrer l'emploi au profit de l'ouest parisien, et qui est impossible à financer. J'invite les candidats, et notamment Valérie Pécresse, à parler de développement économique et d'emploi, et pas seulement du Grand Paris. Le problème de fond, évoqué ni par la droite, ni par la gauche, c'est l'accès à l'emploi. Le taux de chômage a bondi avec 500 000 chômeurs en Ile-de-France, dont 200 000 en fin de droits. On a, de plus, une classe moyenne qui se sent vulnérable et une classe populaire qui pense que la progression au mérite ne marche pas. Je souhaiterais pouvoir débattre de ces questions. Le message que je veux porter, c'est la capacité du Modem à proposer, dans une société de plus en plus inégalitaire, une même ligne de départ pour tous, qu'il s'agisse d'éducation, de formation, d'orientation, de santé ou de services publics, ainsi qu'une politique économique raisonnée, qui répartit mieux l'emploi sur tout le territoire.

Pourquoi, selon vous, les autres candidats n'ont-ils pas mis l'accent sur ces sujets ?
L'exécutif sortant a consacré seulement 2,3% de son budget, sur 4,6 milliards d'euros, au développement économique et à l'emploi. Il n'est pas surprenant qu'il ne veuille pas aborder le sujet. La droite ne veut pas non plus aborder ce sujet qui fâche. Les gens que nous rencontrons sur le terrain confirment que l'emploi est leur principal problème. Quand on parle des transports, on oublie le fait que deux tiers des trajets se font entre le domicile et l'emploi. Si on veut régler le problème des transports, il faut des solutions d'urgence pour améliorer la qualité de service, la régularité des lignes, et désenclaver les zones sensibles de deuxième et troisième couronnes. Mais il faut aussi rapprocher l'emploi du domicile grâce à des politiques de développement économique pertinentes.

Les sondages vous créditent de 5%. Ce message sur l'emploi n'a-t-il pas été entendu ?
Nous constatons un décalage entre les sondages et ce que les gens nous disent sur le terrain. Je souhaiterais débattre cette semaine avec les têtes de liste sur la question sociale. Nous n'avons pas suffisamment eu la possibilité d'exprimer cela dans les médias.

Concernant l'après-élection, le Front de gauche a annoncé qu'il refuserait de participer à un exécutif incluant le Modem. Comme voyez-vous ces futures alliances en cas de victoire du PS ?
Nous avons fait un projet pour les Franciliens, dans lequel tout se tient et est équilibré. Nous ne pouvons faire alliance que sur la base de ces priorités. Le Front de gauche émet ce qu'il veut, je ne suis pas dans un discours de tactique politicienne.

Entre votre projet et celui du PS, il ne semble pas y avoir d'opposition insurmontable…
La grande différence par rapport au PS, qui a cogéré la Région avec les Verts, c'est que nous proposons un projet d'ensemble, et non simplement en fonction des sacro-saintes compétences de la Région. C'est un arsenal de moyens permettant de pouvoir proposer une complémentarité de projets avec les collectivités et l'Etat. La grande différence, c'est que nous savons travailler avec des blocs qui ne s'entendent pas, et que nous avons le projet le plus clair.