Les militaires sont d’habitude des gens discrets. Mais le désarroi du général Stanley McChrystal, commandant des troupes de l’Otan en Afghanistan (153 000 soldats, dont 98 000 Américains), l’a rendu bavard.
Dans le magazine Rolling Stone, cet Américain évoque ses relations houleuses avec la Maison-Blanche. Leur différend porte sur la stratégie à adopter dans ce pays. Ce mardi soir, l’entourage de Barack Obama a indiqué que le haut gradé pourrait être limogé. Cet inhabituel règlement de comptes en public illustre le malaise de la coalition internationale, qui rassemble 44 pays.
Depuis 2001, le conflit s’enlise. Les talibans semblent imbattables. Chaque mois est plus meurtrier que le précédent. Dans la seule journée de lundi, dix soldats de l’Otan, en majorité des Américains, ont été tués. La Grande-Bretagne vient de passer les 300 décès, la France en déplore 44 depuis le début de l’offensive. Ce mois-ci, 66 soldats ont été tués. Un risque que les opinions publiques ne supportent pas. Ce qu’a bien compris Obama, qui souhaite se dépêtrer du bourbier afghan en 2011, avant les prochaines élections.
Problème, la nouvelle stratégie de contre-insurrection du général McChrystal, censée créer un rapport de force plus favorable à la coalition, prend du temps. Quant à Hamid Karzai, le président afghan, il joue sa propre carte : il se rapproche des talibans, sentant bien que les alliés vont le lâcher sous peu. Ce mardi, il a demandé à retirer des dizaines de talibans de la liste noire onusienne.
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