Un Soumaré peut en cacher un autre. La procureure de Pontoise a révélé mardi qu’une condamnation attribuée à Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d’Oise, concernait en réalité un homonyme. Ce qui a poussé Valérie Pécresse à regretter publiquement les propos de Francis Delattre, le maire de Franconville, comme l’exigeait le Parti socialiste. Ali Soumaré a pour sa part estimé que "les sondages trop mauvais" pour l’UMP pouvaient expliquer l’attitude de certains de ses élus.

Dans un communiqué publié mardi soir, la chef de file de l’UMP pour les élections régionales en Ile-de-France "condamne l’initiative de Francis Delattre qui a conduit à évoquer à l’égard d’Ali Soumaré une condamnation prescrite, ainsi qu’à lui imputer la condamnation d’un homonyme". Le maire de Franconville et son homologue de Saint-Leu-La-Forêt, Sébastien Meurant s’étaient appuyés sur cinq affaires judiciaires censées impliquer la tête de liste PS dans le Val-d’Oise pour le qualifier de "délinquant multirécidiviste".

Mais Axel Poniatowski, tête de liste UMP dans le même département, ne semble pas tout à fait prêt à laisser Valérie Pécresse se déresponsabiliser de l'initiative du maire de Franconville. En effet, le candidat dans le Val-d'Oise a déclaré que la tête de liste en Ile-de-France avait "donné son accord" au communiqué mettant en cause Ali Soumaré, rapporte le site Le Monde.fr. Monsieur Poniatowski a toutefois apporté un démenti "formel" dans la foulée : "J'ai déclaré avoir informé Valérie Pécresse, sans requérir son approbation."

"Campagne amateur"
La procureure de Pontoise a affirmé mardi sur les ondes de France Info que "le jugement du 8 février 2007 n’est pas un jugement rendu par le tribunal correctionnel mais un jugement rendu par le tribunal pour enfants qui ne concerne pas Ali Soumaré, né le 25 décembre 1980." Dans une interview accordée au Parisien, Monsieur Soumaré a en revanche avoué avoir été condamné pour des faits de vol aggravé en 1999, "une erreur de jeunesse dont j’ai tiré les conséquences" a-t-il dit. La fameuse "condamnation prescrite" mentionnée dans le communiqué.

Valérie Pécresse a donc dû désavouer les propos de Francis Delattre, en estimant qu’ils ne correspondaient "ni à sa conception de la politique, ni à ses valeurs." L’affaire Soumaré a déclenché une vague de réactions, et la chef de file de l’UMP en Ile-de-France n’a pas même été épargnée par des critiques en provenance de son propre camp. Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, a ainsi fustigé une "campagne amateur" de son parti dans la région, où il n’y a "pas de patronne".