Neuf mois après le crash de l’airbus A330 d’Air France qui reliait Rio à Paris, le bureau d’enquêtes et analyses (BEA), chargé de faire la lumière sur les circonstances de la tragédie, a annoncé ce mercredi le lancement d’une nouvelle phase de recherches, au large des côtes Brésiliennes. Selon Jean-Paul Troadec, président du BEA, deux navires Américains et Norvégiens vont prendre la mer à la mi-mars, et ratisseront une zone de 2000 km2, une superficie près de deux fois moins importante que les 17 000 km2 examinés lors des deux précédentes phases de recherches. Principal objectif de la mission : retrouver l’épave du vol AF 447, ainsi que les boîtes noires embarquées dans la queue de l’avion.

Les sondes toujours en question
"On a de bonnes chances de les retrouver, des chances largement supérieures à 50%", estime Jean-Paul Troadec. Un avis que ne partage pas un commandant de bord de la compagnie joint ce mercredi, souhaitant conserver l’anonymat. "Cela fait neuf mois qu’elles gisent au fond de l’Atlantique. Donc je doute que l’on en tire des éléments exploitables, même si on a pu faire parler des boîtes noires qui avaient passé plus d’un an sous l’eau. Commençons par les localiser". De leur côté, les représentants des familles des victimes, qui se disent "plutôt satisfaites" des nouvelles recherches, maintiennent leurs accusations sur les sondes Pitot. "On sait qu’avant de disparaître, l’avion a envoyé des messages d’alerte mettant en cause ces sondes", peste Jean-Claude Giudicelli, avocat de famille de victimes. "Malgré l’accumulation d’indices et de preuve dans ce sens, on ne fait rien. Je sais que l’enjeu humain a cédé la place à l’enjeu financier, mais on doit la vérité aux familles des victimes".