Accusations, petites phrases assassines et rancunes tenaces de part et d’autre : le divorce est consommé dans le milieu homo marseillais depuis la dissolution, l’an dernier, de l’association organisatrice de la Lesbian & Gay Pride. Deux associations ont pris le relais et organisent désormais chacune “leur” Marche des fiertés.

Créée en début d’année et présidée par Sébastien Gony, Fiertés de Provence (ex-Marseillepride) ambitionne de “sauver la Marche des fiertés de Marseille et de rassembler la communauté LGBT” (lesbienne, gay, bi et trans) de la ville. Tous & Go, peut, pour sa part, se prévaloir du précieux label “Lesbian & Gay Pride” délivré par la CIF (commission interpride de France). Défilé prévu : le 10 juillet, en même temps que la Pink Parade de Nice, version niçoise de la Marche des fier-tés.

Ce sont, en effet, les “dissidents” de Fiertés de Provence qui ont obtenu en premier l’autorisation de la mairie pour manifester dans les rues de Marseille le 3 juillet. Le choix de cette date n’est en rien un hasard, la marche marseillaise se déroulant traditionnellement le premier week-end de juin...

Une réconciliation peu probable
Les deux associations marcheront pour la même cause, “l’égalité des droits pour les homosexuel(le)s”, mais les similitudes s’arrêtent là. “Nous avons des revendications politiques, mais nous ne sommes pas un instrument politique”, tacle Alex Rigollier, le responsable de la communication de Fiertés de Provence, en référence à Christophe Lopez, président de Tous & Go, qui siège à MPM dans les rangs socialistes.

Malgré les appels pour défiler ensemble, la réconciliation paraît peu probable à court terme. Avec le ris­que que ces guerres de chapelle poussent les homos marseillais(e)s à aller montrer ailleurs leur fierté.