Il déambule au milieu des burqas. Jean-Pierre Giovanelli, artiste plasticien « engagé mais pas partisan », expose jusqu’au 6 février une installation qui ne passe pas inaperçue. En plein débat sur le port de la burqa, il en a disposé six dans une galerie d’art, visibles depuis le trottoir du boulevard Risso, à Nice. « Je n’ai reçu aucune réaction ostiole, confie le galeriste, Christian Depardieu. Les gens sont intéressée, interpellés, quelques petits vieux m’ont dit qu’ils ne comprenaient pas ».

L’artiste, lui, se défend d’avoir cherché à faire un coup médiatique. « Je suis rattrapé par l’actu. Ces burqas m’ont été envoyées il y a plusieurs années par une association de femmes Afghanes qui défendent leurs droits ». Un chapeau de feutre noir qui cache ses cheveux poivre et sel, une fine clope au bec, il frôle ces silhouettes bleutées que des ventilateurs font danser au dessus du sol en béton. « Elles sont gonflées d’air par des ventilateurs, parce qu’en Occident on a beaucoup gonflé cette affaire. Une loi interdit déjà de se masquer le visage, pas besoin d’en faire une nouvelle… »

« La femme domine l’homme. Elle est tellement forte qu’on la cache et qu’on la tue » Jean-Pierre Giovanelli, artiste plasticien

De ces vêtements chargés de symboles, Jean-Pierre Giovanelli a tiré du sens : « La burqa est un vêtement ambigu, qui emprisonne mais qui libère aussi : en Afghanistan, les femmes sont plus libres sous une burqa, parce que les hommes ne peuvent pas voir ce qu’elles font en dessous ».