L’affaire avait été révélée le 17 mai dernier dans la presse. Le jour même Julien Bobot démissionnait de son poste adjoint au maire PS du Xe arrondissement de Paris chargé des affaires scolaires. Ce mardi, le tribunal a condamné l’ancien élu de 34 ans à six mois de prison avec sursis simple pour avoir téléchargé ou visionné, de juin 2007 à la mi-mai 2009 ; des images à caractère pédopornographique mettant en scène des mineurs âgés de 2 à 15 ans.

Geste compulsif
Interpellé il y a deux semaines après avoir été dénoncé par sa secrétaire, l’élu costume marron, chemise bleu ciel, n’a su donner d’explications à son geste. "Socialement, vous êtes extrêmement bien inséré, d’un point de vue familial aussi. Votre femme a dit qu’elle vous considérait comme le mari idéal, a lancé Marie-Françoise Guidolin, présidente de la XVe chambre du tribunal correctionnel ce mardi au prévenu. Elle dit que vous êtes extrêmement gentil, que vous vous occupez des enfants. Alors comment ? C’est compulsif, il n’y a pas de semaines où vous ne puissiez le faire, c’est devenu une drogue, la connexion est permanente… ". Père de deux enfants de 1 et 3 ans, en concubinage depuis dix ans, le prévenu avait évoqué pendant sa garde à vue une "curiosité malsaine". Ce mardi, il a indiqué chercher depuis deux semaines une réponse à cette question.

"Il y avait une déconnexion entre ce que je voyais sur Internet et la réalité" Julien Bobot

"Parfaitement normal"
"L’expert vous considère comme parfaitement normal. Comment est-il possible que vous recherchiez des photos aussi dégoûtantes mettant en scène des enfants ou de jeunes adolescentes ?",  a demandé la présidente. "Je recherchais particulièrement des images d’adolescentes dénudées, et c’est en allant sur ces sites que je suis tombé sur ces scènes de viols et de violences", a répondu Julien Bobot.

"Il faut faire le distinguo entre les images téléchargées d’adolescentes formées et les images du navigateur visionnées. Les photos les plus terribles du dossier ne sont pas téléchargées ( …) Oui il y a une faille en lui et il faudrait la soigner", a précisé son avocat Me De Belloy.

Le parquet avait requis un suivi socio-judiciaire avec une obligation de soin pendant trois ans. "Le tribunal a souhaité vous faire confiance et considérer que vous allez effectivement suivre une psychothérapie", a indiqué la présidente Marie-Françoise Guidolin à Julien Bobot qui dit avoir déjà été à trois reprises consulter un psychanalyste depuis sa garde à vue.