Karim Feddal et Martine Salmon connaissent Roubaix comme leur poche. Ils y ont grandi et y vivent encore. Samedi, c'est en slam qu'ils raconteront un pan de l'histoire de leur ville dans la cadre du printemps des poètes. A la manufacture des Flandres, leurs textes se mêleront au bruit des machines pour faire découvrir ce qui a fait la richesse de Roubaix pendant de longues années : l'industrie du textile et les vagues d'immigration successives.

"C'est un sujet qui me parle, je suis fils d'un ouvrier du textile venu de Kabylie, explique Karim Feddal. J'ai moi-même travaillé dans une grande entreprise textile ici. Le slam c'est de la poésie urbaine le déclamer au milieu des machines c'est l'idéal." Les deux artistes ont écrit eux-mêmes leurs textes après s'être beaucoup inspiré de l'endroit. "On veut apporter un autre regard, le cadre va beaucoup jouer pour que le public s'imprègne des lieux", ajoute Martine Salmon, qui proposera aussi une découverte de la ville, toujours en slam, le 20 mars.

Mais ne lui dites pas qu'elle est guide touristique. Cette nouvelle façon de visiter Roubaix, elle la voit autrement. "Pour moi, c'est un spectacle qui doit donner envie d'aller plus loin, de se documenter encore plus sur la ville." Pour les deux artistes, d'ordinaire habitués à la scène, c'est aussi un nouveau défi : faire vivre le tissage des fils et le métissage des populations à travers leur écriture. Tout un art.