"Avant, les agressions, le racket, c'était réservé à l'extérieur. A la gare, aux arrêts de bus... Dans les amphis, on se sentait vraiment en sécurité. Mais cette année, l'insécurité a franchi les murs de la fac.", constatent Laura et Dalila. Dans la file d'attente du restaurant universitaire, ces étudiantes de master de Droit à Paris XIII se désolent de cette menace récente dans un lieu dont elles louent "la bonne ambiance et le dynamisme".
Pas question pour autant de céder à la psychose. Sur le campus de Paris Nord-Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), beaucoup lézardent au soleil au soleil entre deux cours. Mercredi pourtant, une trentaine d'élèves ont été rackettés en plein cours d'anglais par quatre agresseurs armés de couteaux. Pour un butin d'une quarantaine d'euros et de neuf portables.
Ce n'est pas une première. Car ce "sanctuaire", encerclé par deux cités, est désormais régulièrement violé. Depuis septembre, une vingtaine de plaintes ont été déposées pour des faits situés sur le campus. Et point d'orgue de cette violence : le 14 décembre dernier, la tension monte d'un cran quand un étudiant est lacéré au bras de plusieurs coups de couteau en plein amphithéâtre.
Désormais à chaque entrée, des gardiens contrôlent systématiquement les cartes d'étudiants. Et dès la rentrée prochaine, les 20 Ha du campus devrait être clôturés. Suffisant pour protéger ses quelque 13 000 étudiants ?

































