René Vandierendonck est  bien allé jusqu’au bout. En conflit avec Quick, qui propose dans certains des restaurants de la ville des hamburgers garnis de viande exclusivement halal, le maire de Roubaix a porté plainte ce jeudi contre la chaîne de fast-food, après avoir saisi la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations).

"Je ne fais de procès d’intention à personne mais souhaite faire respecter une offre commerciale non discriminatoire. Je mets en avant une position de droit en disant oui à une offre halal mais non exclusive, a-t-il déclaré dans les colonnes de la Voix du Nord avant de tonner. J’explorerai toutes les voies juridiques avec un avocat." Cette sentence fait suite au refus catégorique de Quick de modifier son offre.

"Rien de religieux"
La chaîne de restauration française vise évidemment la communauté musulmane à travers cette expérimentation d’un nouveau genre qui n’aura pas manqué de provoquer des réactions en chaîne. « L’Etat lève l’impôt islamique » pour Marine Le Pen alors que Luc Chatel et Xavier Bertrand dénoncent une démarche « communautariste ». Le cabinet spécialisé dans les études de marketing ethnique estime que l’alimentation halal est une niche de près de 5,5 milliards d’euros.

Al-Kanz.org, site s’adressant aux consommateurs musulmans, se demande, quant à lui : "Si c’est vraiment le communautarisme qui pose problème, pourquoi tolère-t-on qu’en plein Paris, au 240 boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement, on puisse trouver un Franprix entièrement casher ? Sans parler de la chaîne KFC qui prétend vendre du poulet halal depuis des années." Pour le fondateur du site, interrogé par lepost.fr, la vérité est ailleurs : « Il n’y a rien de religieux, c’est une logique de business. Dans le fast-food test de Villeurbanne, le chiffre d’affaires a bondi de 30% » Un chiffre que Quick n’a pas souhaité commenter.