Sébastien, Natacha et leur petite fille Manon ont passé mardi un bout d’après-midi devant les policiers du commissariat de Jolimont à la suite de la plainte d’ErDF pour “vol d’électricité”.
Leur tort ? Avoir bénéficié, au printemps dernier, de l’action de l’association Robin des Bois : des agents d’ErDF, membres du collectif et en lutte contre le projet de restructuration de leur direction ont en effet rétabli l’électricité dans la maison servant de squat au couple.
Lors de leur interrogatoire devant les policiers, le jeune couple a appris qu’il devait 403 euros à ErDF, dont 23 euros de consommation et 380 euros de frais de déplacement d’un agent d’ErDF. “On a l’impression que la direction d’ErDF cherche à toucher les Robins des Bois afin qu’ils ne rétablissent plus l’électricité, car on ne peut pas dire que c’est l’argent qui manque à ErDF”, lance Sébastien à la sortie de son audition.
“Aujourd’hui, on va réfléchir et se battre, mais on ne va pas se laisser faire”, confie sa compagne.
Dans les rangs des militants de la CGT venus soutenir le jeune couple devant le commissariat, l’heure est à l’étonnement. “C’est une situation complètement folle et étonnante qui dépasse les bornes, s’emporte Dominique Liot, militant CGT à ErDF et sanctionné il y a quelques semaines, par son employeur pour son rôle aux côtés des Robins des Bois.
“Il y a peut être, de la part d’ErDF, une volonté de s’attaquer aux Robins des Bois, mais aussi peut-être l’objectif de s’en prendre à ceux qui n’ont pas de moyens financiers. En tout cas, ErDF n’a rien à gagner.”
A ErDF, on reconnaît que “la situation sociale est délicate”, mais on précise qu’aucune plainte n’a été déposée. “On a établi un PV de constat de fraude, une démarche qui finit sur le bureau du procureur, justifie Dominique Laporte du service communication interne d’ErDF à Toulouse. On est prêts à étudier un arrangement à l’amiable et à faire un geste sur les frais de procédures.”






































