La Ministre de la santé Roselyne Bachelot a beau avoir montré l’exemple en se faisant vacciner dès jeudi matin, les images ne sont visiblement pas parvenues jusque Lille. Difficile, en effet de trouver la trace d’un patient venus se faire administrer le vaccin. "Depuis ce matin on a vu plus de journalistes que de patients", s’amuse une infirmière réquisitionnée dans la salle polyvalente du centre Saint-Sauveur à Lille et qui a l’air de bien s’ennuyer.

Facultatif
Tout est pourtant prêt. Le personnel est là, le dispositif est parfaitement en place, les vaccins prêts à l’emploi. Mais la salle reste désespérément vide. "Depuis ce matin trois personnes se sont présentées mais aucune n’a pu être vaccinée", explique Jean-Claude Stellamans, officier sapeur-pompier réquisitionné lui aussi pour diriger le centre. Depuis ce jeudi, seules les personnes ayant reçu une invitation du ministère de la santé peuvent se présenter pour la vaccination, mais cela n’est pas obligatoire. "C’est facultatif, on ne peut pas obliger les gens à venir. Pour moi c’est comme le choix de la religion, chacun est libre de faire ce qu’il veut."

Une campagne de 88 jours
D’accord, mais à voir la vingtaine de personnes mobilisées pour recevoir aussi peu de monde, le dispositif n’est-il pas trop lourd ? "Imaginez l’inverse. Qu’il y ait 200 personnes dehors et que l’on soit débordés, je n’imagine même pas les critiques", poursuit Jean-Claude Stellamans. La campagne de vaccination doit durer 88 jours, soit jusqu’au mois de mars. Elle sera ouverte à toute la population par vagues successives. Là encore de manière facultative.