Trois pompiers du Rhône sont rentrés mardi soir à Lyon, après 19 jours passés en mission à Haïti. Leur mission : remettre en état un hôpital à Port-au-Prince. Fatiguée, mais le sourire aux lèvres, Joëlle Blondeau, infirmière du Sdis d’Amplepuis, est satisfaite du travail accomplie. ""Mon but, c’était d’apporter des soins aux gens opérés, de remettre en l’état l’hôpital du Sacré Chœur. Nous avons réinstallé des lavabos, des douches, rouvert deux blocs opératoires. Au début le personnel haïtien avait très peur. Notre but c’était de leur passer la main." Ce qui l’a aidée à tenir : le lien avec sa famille via des SMS.

Une coordination difficile
Pour Lionnel Maitre, adjudant Chef au centre de traitement des appels, chargé de la logistique, la mission a été délicate. "Quand on est arrivés, c’était la cour des miracles. J’ai connu le tsunami, qui avait tout ravagé. Ici, la ville était par terre, on n’est jamais préparé à ça." Quant à Alain Gravey, médecin commandant du Sdis à Ste-Foy-lès-Lyon, travailler en équipe avec les Américains a été difficile. "Ils pratiquaient des amputations à la chaîne, comme des militaires en guerre", souligne-t-il. "Parfois ce n’était pas toujours justifié. Il nous arrivait souvent de reprendre les moignons pour les adapter à des prothèses". "Quand on parlait d’opérations aux Haïtiens, ils refusaient. Petit à petit on a regagné leur confiance. Des étudiants sont venus servir d’interprètes pour communiquer en créole. A la fin, les Américains ont commencé à sourire, les infirmières portaient des fleurs. J’ai même dansé avec elles. Nous avons apporté quelque chose d’humain, comme prévoir un lieu pour les morts. Pour qu’on les respecte." Mais de conclure : "Notre mission, c’est une goutte d’eau."