Le vote sanction contre le gouvernement s'est donc plutôt reporté sur le Front National (18,5%). Au même niveau que la liste UMP-NC (19,5%) conduite par Valérie Létard (contre 25% en 2004), la liste conduite par Marine Le Pen résiste bien dans la région (18% en 2004), alors qu'elle baisse dans les autres régions.

Marine Le Pen entraîne la majorité présidentielle dans une triangulaire pour le second tour de dimanche qui risque de lui être fatal. Le dossier de l'arrêt de la raffinerie Total de Dunkerque et plus globalement de la crise industrielle de la région a sans doute influencé nombre d'électeurs. "Nous faisons jeu égal avec une ministre en exercice, a déclaré Marine Le Pen. Le PS est assuré de gagner, le vote UMP est inutile pour peser contre la gauche."

Au pouvoir depuis 36 ans dans la région, le Parti Socialiste persiste et signe. Avec un score de 29%, il réitère pratiquement son score de 2004 (32%). Le Front de gauche (11%) et Europe Ecologie (10%) ont eux aussi réussi leurs paris en dépassant la barre des 10% et leurs scores de 2004. Les négociations d'un programme politique en vue d'une union avec le Parti Socialiste seront donc âpres. "Au premier tour, on se compte, on second tour on se rassemble", confirme Alain Bocquet, tête de liste du Front de gauche. "Jamais l'écologie n'a été aussi présente dans la région, nous doublons notre score", ajoute Jean-François Caron, tête de liste d'Europe-Ecologie.

La droite, elle, mise sur les abstentionnistes : "La gauche est divisée, il y a beaucoup de réserve chez les abstentionnistes", affirme Marc-Philippe Daubresse, chef de file de l'UMP dans la métropole lilloise. La majorité présidentielle espère aussi s'appuyer sur la liste Ch'ti (3%) et les Jeunes Agriculteurs (1,5%). Faute d'alliance, le Modem et le NPA se marginalisent à respectivement 3%.