Le thon rouge est-il surpêché ou existe-t-il encore des stocks suffisants en Méditerranée ? Cette question sera tranchée dans dix-huit mois. Si la menace de disparition de l’espèce ou sa diminution dangereuse était avérée, la France entérinerait sa décision prise mercredi de se prononcer en faveur d’une interdiction du commerce international du thon rouge. D’ici là, les dix-huit mois de répit ont aussi pour objectif de permettre de trouver des solutions de repli pour le secteur de la pêche thonière.

Décision "politique"?
Pour les représentants des pêcheurs de thon de Méditerranée, réunis à Marseille, le projet d’interdiction du commerce international du thon rouge est ressenti comme une décision “politique”. “Nous voulons l’explication de cette décision. Après, on agira et on verra ce qu’on doit faire. Il en va de la survie de tous les armements thoniers et de tous les petits métiers qui font de la pêche côtiè­re”, explique Raphaël Scannapieco, prud’hom­me major (représentant des pêcheurs) de Sète, port qui compte douze thoniers. “Au Havre, en juillet, le Président avait dit qu’il ne prendrait aucun engagement sur la pêche thonière sans avis scientifique. Greenpeace est devenu scientifique, c’est bizarre”, a de son côté déclaré le Marseillais Mourad Kahoul, président du Syndicat des thoniers méditerranéens qui a répété son intention de rencontrer le président de la République. “Si on va à l’annexe 1, cela veut dire interdiction totale de pratiquer cette pêcherie”, estime Mourad Kahoul qui n’a pour l’heure pas appelé à un blocage des ports.