Les policiers ont des bleus à l’âme. Certains policiers du Nord sont oscillent entre découragement et frustration. En baisse régulière, le budget de fonctionnement de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) — équipements, rénovation des locaux, carburant des véhicules... — a dû être rallongé précipitamment. L’enveloppe 2010 avait été dépassée.

“C’est le signe de baisses budgétaires constantes, dénonce Benoît Lecomte, le secrétaire régional du syndicat de gardiens de la paix Alliance. Il manque cinq cents policiers. Résultat, parfois il n’y a pas de patrouilles disponibles.” Pour preuve, cette année, l’unité territoriale de quartier (l’Uteq) de Lille-Sud va voir ses missions et son secteur élargis à Moulins et au Faubourg de Béthune.

Ce qui n’est pas du goût de Benoît Lecomte : “On ne peut plus parler de police de proximité. On revient en arrière !” Autre symbole, la fermeture de trois bureaux de police situés à Leers, Lannoy ou Wattrelos : “Ceux de Wambrechies, Saint-André et Marquette sont fermés la journée”, regrette Thierry Depuyt, secrétaire régional SGP-FO-Unité Police.

Les émeutes du quartier de l’Epeule, à Roubaix, fin août, ont assombri le tableau : “Des notes de service nous interdisent d’engager des courses-poursuites, révèle Olivier Gugelot, du syndicat Snop-Officier Police. Les citoyens ressentent deux poids, deux mesures. Ils voient qu’on ne peut réagir aux provocations pendant qu’ils se prennent des amendes.”