L'enquête présentée mardi par l'Observatoire régional de la santé au travail (Orstif) devrait interpeller les candidats aux élections régionales.

Basée sur un questionnaire auquel ont répondu 5.242 salariés, elle livre un tableau frappant des inégalités entre Paris et la banlieue, et leurs conséquences sur le moral.

On apprend ainsi que près de deux tiers des Parisiens travaillent dans la capitale, même s'ils doivent passer 1h30 par jour dans les transports. Plus on s'éloigne de Paris, plus c'est long : seuls 37% des habitants de petite couronne travaillent près de chez eux, et 26% en grande couronne, avec des temps de trajet respectifs de 2 heures à 2h30.

Autre inégalité: la moitié des banlieusards de grande couronne doivent ajouter deux ou trois correspondances, soit près d'une demi-heure par jour, alors que trois quarts des Parisiens se contentent d'un trajet direct ou d'une correspondance (12 minutes).

Enfin, qui dit banlieue dit retards. Les usagers du RER sont 77% à estimer que leur train est souvent ou toujours en retard, contre 42% pour le métro.

Les transports ont des conséquences sur la santé. Un répondant sur dix déclare y avoir été victime d'un accident en cinq ans. Il s'agit surtout de chutes (61%), dans les escaliers ou à l'entrée de la rame, et d'agressions physiques (13%).

Les désagréments augmentent avec la distance: il s'agit de l'entassement des voyageurs (44%), des retards (42%), du temps passé (40%) et de la fatigue (38%). Parmi les principales conséquences sur la vie professionnelle: la fatigue (47,3%), les retards (30,2%) et le stress (25,7%).