Pour les associations de riverains et la mairie de Paris, le temps des amours déçues a sonné. Ainsi huit organismes se réunissent ce soir afin de protester contre une concertation déficiente à propos des grands projets d'urbanisme de la capitale. "Comme Bertrand Delanoë s'y était engagé en 2008...", rappelle Elisabeth Bourguinat, secrétaire de l'association Accomplir. Au contraire, elle constate "une vraie dégradation depuis le début de son second mandat".

"D'une part, les comités permanents de concertation de Paris-Rive Gauche et des Halles sont devenus de simples réunions d'informations, où le dialogue est inexistant", se désole-t-elle. "D'autre part, aucun autre comité permanent n'a vu le jour tandis que se multiplient les chantiers." Et la défiance des associations a encore grandi en décembre dernier, lors de l'élaboration d'une Charte de participation, qui instaure trois mois de concertation minimum. "Mais c'est un retrait", défend Mme Bourguinat. "Ce que nous voulons, c'est être présent du début à la fin du projet."

Parmi les projets qui cristallisent le ressentiment, le chantier des Halles et sa future Canopée prédominent. "A quoi sert ce toit ?, s'émeut Mme Bourguinat. "Son coût, la durée du chantier, son utilité, tout interpelle. Pire, on perd progressivement tout ce qu'on avait obtenu, à l'instar de l'auditorium prévu dans le cahier des charges et finalement supprimé."

Une inquiétude partagée par Fabrice Piault, président de Tam-Tam, à l'égard des futures tours du quartier Masséna-Bruneseau (Paris XIIIe) : "On nous invite à la discussion alors même que le choix préalable, celui des tours, s'est fait sans aucune réunion au préalable." Pour les associations, la réunion du jour porte ainsi les derniers espoirs de rétablir des liens distendus.