"Le phénomène de la burqa et le mouvement salafiste sont aussi implantés dans le Nord-Pas-de-Calais". A la tête de la mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral, le député André Gerin (communiste) et les parlementaires, de passage hier à Lille avant d'entamer un tour de France, ont rencontré élus, associations et représentants du culte musulman en vue d'"éradiquer ce phénomène".

"Il ne s'agit pas d'une pratique religieuse, mais d'une dérive intégriste à des fins politiques, explique le député. Il s'agit de cercueils ambulants ! La burqa n'a rien à voir avec l'Islam, qui a sa place en France dans le respect des idéaux républicains". Les préconisations pour une éventuelle loi d'interdiction évoqueront notamment les problèmes rencontrés dans les services publiques.

"Surenchère"
Invité à s'exprimer par la mission parlementaire, Leila Babes, professeur de sociologie des religions à la Catho de Lille, rappelle également que "la burqa est un fait de coutume et non de religion" : "Cette attitude sectaire provoque une surenchère chez les musulmans et un système de ségrégation avec la société", explique-t-elle, en regrettant que dans le région "les différents courants de l'islam modéré ne puissent pas véritablement s'exprimer"

Egalement entendu hier, Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille Sud et chef de file des musulmans du Nord-Pas-de-Calais, est pour sa part hostile à l'idée d'une loi : "Il faut plutôt aller vers ces personnes dans un sens pédagogique. Ce sont souvent des femmes cultivése : l'idée de contrainte ne tient pas la route", explique-t-il.