Le miel de ville est-il pollué ? Une étude inédite a démarré à Lyon lundi, avec l’installation, par l’association Naturama, de dix ruches sur un terrain de la ville à la Duchère (IXe). Le miel produit sera ensuite analysé par un laboratoire du CNRS à Solaize. C’est la première fois qu’une telle analyse sur le miel est conduite en zone urbaine.

“On va rechercher la présence de polluants comme les hydrocarbures, les métaux lourds ou les pesticides. Des polluants qui peuvent aussi se fixer sur d’autres organismes vivants, dont l’homme”, précise Christophe Darpheuil, directeur de Naturama-Rhône. “Le IXe nous paraissait intéressant, car géographiquement proche de l’A6 comme de la place Bellecour.”

Malmenées par les pesticides dans les zones rurales, les abeilles domestiques seraient moins exposées en ville. La Région Rhône-Alpes, des communes comme Lyon ou Villeurbanne mais aussi des industriels et des particuliers ont installé des ruches comme bio-indicateurs. “En ville, aujourd’hui, les abeilles sont très médiatiques, chacun veut sa ruche.

Mais personne ne se soucie de la qualité du miel”, souligne Mireille Roy, adjointe (Verts) chargée du cadre de vie. Depuis cinq ans à Grenoble, une étude similaire est en cours mais sur le pollen et la cire. Elle a mis en lumière une forte présence de pesticides liée à l’agriculture et a poussé des producteurs à réduire leurs épandages. “On peut avoir une pédagogie avec le miel”, note Christophe Darpheuil.

Fin août, les premiers résultats devraient être connus. Ces données pourraient être aussi recoupées avec celles de la qualité de l’air. Mais pour Naturama, il faut un travail sur la durée. L'association souhaiterait élargir les recherches à d’autres communes plus agricoles du Grand Lyon, comme St-Genis ou Charly.