Star de Sisqa, le salon de la qualité alimentaire qui s’ouvre ce jeudi matin au Parc des Expositions, le fromage Roquefort profite de son exposition jusqu’à dimanche pour tenter de se refaire une santé. Car depuis quelques mois, le fromage produit en Aveyron connait une période de crise. "La vente de Roquefort a été stable pendant 20 ans mais depuis le début de l’année les ventes ont chuté de 4%", explique Thierry Zurcher, président de la Confédération générale de Roquefort. Ce dernier a d’ailleurs dû faire face en octobre dernier à la grogne des producteurs de lait de brebis qui ne souhaitaient pas voir le prix du litre de lait baisser de 5%.

Le village peu connu
La crise économique est à l’origine de l’affaissement des ventes du "roi des fromages" comme l’avait surnomé Diderot au siècle des Lumières : avec la baisse du prix de lait de vache, les consommateurs se sont tournés davantage vers les fromages au lait de bovin plutôt que ceux fabriqués avec le lait de brebis. L’export ne rattrape pas non plus le retard : à l’étranger le Roquefort est considéré comme un produit de luxe vendu très cher, "souvent on ne le trouve que dans les ambassades françaises", précise Thierry Zurcher. Sans oublier le conflit qui oppose depuis de longs mois le fromage aveyronnais aux autorités américaines qui continuent à le surtaxer à 100%. Dans les mois à venir, les professionnels du Roquefort vont mettre sur pied une politique marketing en direction de la clientèle française, qui consomme 15 000 des 18 500 tonnes de Roquefort produits dans le sud de l’Aveyron, et qui souvent ne sait pas que Roquefort est un village de Midi-Pyrénées.