Charges de gardiennage anormalement élevées, factures d’entreprises non détaillées : les locataires de la résidence Part-Dieu auraient pu boire la tasse encore longtemps. Ils ont pourtant été remboursés d’une partie des 420 000 euros, que les régies Interimob et SACVL leur ont injustement facturés.

“Quand j’ai pris la présidence, en 2009, il n’y avait pas eu de contrôle de charge sur la période 2004-2008”, explique Noël Colin, de l’association de défense des locataires de la résidence Part-Dieu. “N’étant pas un spécialiste, poursuit-il, j’ai demandé conseil auprès de la Confédération syndicale des familles, qui a pu relever de nombreuses irrégularités.”

Et bien lui en a pris. Car pour comprendre le maquis juridique, il fallait un peu s’y connaître. Dans le cas d’une opération de désinsectisation, par exemple, seul le produit est payable par les locataires mais pas l’intervention de l’entreprise. Or les locataires ont payé l’intégralité de la prestation.

Concernant les charges du gardien, la régie peut réclamer 75 % du montant total aux locataires, à la condition que le concierge effectue seul à la fois les travaux d’entretien des parties communes et l’élimination des déchets. Et dans la résidence Part-Dieu, la partie déchets n’était pas de son ressort. Pourtant, les locataires ont dû supporter l’intégralité des charges.

Pour l’heure, seul la régie Interimob, copropriétaire de 200 logements, a remboursé les locataires. La SACVL, avertie de l’action amiable depuis avril, n’a encore rien remboursé. “S’il s’avère qu’il y a des erreurs, nous rembourserons”, a déclaré Michel Le Faou, président de la SACVL, copropriétaire minoritaire de l'immeuble, avec cinquante-trois logements.