Pas question de voir flotter quelque objet suspect. Près des rives azuréennes, les eaux de baignade sont placées sous très haute surveillance tout l’été. Observées depuis les airs, les pollutions éventuelles sont immédiatement traitées sur mer. “C’est une priorité pour la qualité de vie mais aussi pour l’économie, portée par les activités touristiques et balnéaires”, expliquait ce jeudi le président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui présentait le dispositif fi­nancé en partie par le département*.

Instauré en 1972, le système avait permis l’an dernier de repêcher plus de 300 m3 de déchets. Et la technique est toujours imparable. Du haut de leur cockpit, pilote et observateur sillonnent tous les matins, depuis le 26 juin et jusqu’au 6 septembre, l’ensemble du littoral, soit 120 kilomètres de côtes entre Théoule-sur-Mer et Menton.

Pendant deux heures de vol, ils traquent sans relâche, les traces d’hydrocarbures et les macrodéchets, qu’ils soient d’origine végétale (algues, feuillages, roseaux…), en matière plastique (sacs, bouteilles, emballages…), en bois (plan­ches, troncs d’arbres, brancha­ges…) ou encore en verre (bouteilles…).

22 bateaux nettoyeurs
“Mais pour nous, le plus urgent, ce sont les nappes d’hydrocarbures. Nous en avons d’ailleurs repéré une ce mercredi, juste à l’entrée de la baie de Cannes, indiquait hier Patrick Boucher, chargé de la surveillance aérienne. Nous avons tout de suite alerté les bateaux, qui ont immédiatement traité la pollution, l’empêchant de s’approcher de la zone de baignade.”


Car en mer, c’est toute une armée de navires nettoyeurs qui opère, d’abord sur la zone des trois cents premiers mètres, destinés à la baignade. Et dès qu’un déchet est détecté, l’une des vingt-deux embarcations de nettoyage est dé­pêchée sur le site pour traiter les pollutions. Les plus fréquentes ? “Des bouteilles en plastique et des déchets verts”, avance Philippe Deléan, directeur du secteur maritime chez Suez- Lyon­naise des eaux, chargé du nettoyage sur la zone Théoule Mandelieu, Cannes et Val­lauris-Golfe-Juan. Essen­tiellement rejetée par les navires et les bateaux de plaisance, toute cette pollution peut être être amenée sur les côtes, aux estuaires des cours d’eau, et brassée par le courant liguro-provençal qui impacte tout le département. Mais le président du conseil général rassure. “Dans le département, la qualité des eaux est exemplaire, et elle ne cesse de s’améliorer. Il n’y a aucun point noir.”

* Les quatre syndicats de communes et la ville de Nice chargés du nettoyage en mer reçoivent chacun une subvention de 22 800 euros de la part du conseil général. Le département fianance à lui seul la surveillance azuréene, pour un coût annuel de 41 202 euros.