Officiellement, le centre commercial de la Coupole, situé en plein cœur de la Défense, devait fermer ses portes à compter du 30 juin dernier pour des travaux de "rénovation et de mise en sécurité", notamment en termes de sécurité incendie, selon l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad).
Selon le calendrier, toujours officiel, le groupement privé sous contrat avec l'Epad pour mener les travaux devait avoir, à cette date, achevé les négociations d'indemnisation avec les quelques trente-cinq commerçants qui occupaient la galerie et leurs propriétaires.
Dans les faits, certains de ces commerçants occupent toujours les lieux. Le chantier a bien commencé, mais ces derniers assurent n'avoir pas vu l'ombre d'une proposition d'indemnisation. "Ils sont en train de nous emmurer vivants, s'insurge Sébastien Douarche, l'un d'entre eux. C'est une affaire qui dure depuis trois ans et les autorités se renvoient la balle. Aujourd'hui, trente-cinq commerçants et 170 salariés sont menacés faute d'avoir obtenu une proposition concrète".
Le 24 juin, le maire UMP de Courbevoie, Jacques Kossowski, a adressé au promoteur en charge des travaux, la Financière Immobilière Bordelaise (ou plutôt sa filiale, la Bordelaise des jeux et loisirs, associée à Pelican Capital, un courrier cinglant sur la situation des commerçants. "Vous avez laissé entendre que vous n'hésiteriez pas à arrêter les négociations si vous n'arriviez pas à vous mettre d'accord avant le 15 juillet. Ce genre de procédé est inadmissible pour les commerçants et leurs salariés qui depuis trois ans et demi vivent dans l'incertitude", écrivait-il, réclamant une "solution définitive et acceptable par toutes les parties".
L'Epad envisage, à l'horizon 2014, de transformer la Coupole en un "centre commercial adapté aux besoins du quartier" avec une surface augmentée de 8000 mètres carrés. Sur l'affaire, l'établissement public propose une autre version de la situation. "Le groupe Pelican-Financière immobilière bordelaise a bien entamé les négociations avec les commerçants, indique une porte-parole à Metro. Les trois quarts de ces derniers ont accepté les conditions proposées, qui tournent autour de 2,5 fois le chiffre d'affaire annuel. Les quatre ou cinq derniers qui restent ont refusé et demandent 3,5 à 4,2 fois le chiffre d'affaires annuel, partant sur des évaluations contradictoires. Nous suivons les négociations de près avec l'Etat et la préfecture mais nous ne pouvons pas intervenir", l'Epad ayant totalement cédé la gestion du site au repreneur privé. "Cela fait cinq ans que la préfecture a averti les propriétaires que la Coupole ne correspondait plus aux normes exigées par la loi", ajoute la porte-parole, qui précise que les commerçants encore présents travaillent "en toute illégalité".
Ce que contestent bien sûr ces derniers, qui ont reçu notamment le soutien de l'opposition de gauche de Courbevoie. "Certains commerçants ont retrouvé leur boutique emmurée en revenant de vacances, explique Sébastien Douarche". Ils envisageaient de manifester ce mardi après-midi devant le siège de l'Epad pour faire entendre leur voix. En attendant, les travaux se poursuivent, et les cloisons du chantier renfermeront bientôt des commerces… encore occupés par leurs salariés.
































