Si l’ordinaire est le carburant du quotidien, alors la 10e Biennale d’art contemporain fait le plein. “L’art est une sorte d’alchimie qui transforme le banal. Il y a une dimension poétique dans le quotidien”, explique le Chinois Hou Hanru, commissaire de la Biennale.
Quatre-vingts artistes du monde entier revisitent notre quotidien dans quatre sites : la Sucrière, le musée d’Art contemporain, la Fondation Bullukian et l’entrepôt Bichat. Dans cette friche de Perrache, le Portugais Pedro Cabrita Reis a installé une forêt de néons.
Les artistes viennent d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud. “La scène de création n’est plus eurocentrique, elle est globale”, souligne Hou Hanru. Parmi toute la production proposée, on n’échappe pas aux vidéos lourdingues. Toutefois, cette année, pas de scandales à l’horizon. Juste des œuvres parfois franchement (et agréablement) “dépaysantes”. Les Chinois du Yangjiang group ont monté une salle de paris sous des pins. Leur compatriote Liu Qingyang a déménagé une épicerie asiatique, tandis que la cinéaste Agnès Varda plante un cabanon aux murs en pellicules de films.
Parmi nos coups de cœur figure aussi la poésie fragile du Japonais Iwasaki avec ses sculptures suspendues et d’incroyables paysages tissés dans… des serviettes éponges. Enfin volez le livre de Dora Garcia (c’est marqué dessus). Cette œuvre éphémère et rigolote, tirée à 5 000 exemplaires, invite à la transgression et questionne la culture en libre service.






































