Le syndicat étudiant FSE, refuse de participer au vote d’aujourd’hui, organisé par la présidence “pour ou contre la levée du blocage…
Je le déplore. Ce vote n’est pas tourné contre eux. Nous avons souhaité y associer l’ensemble des acteurs de l’université. Il ne s’agit pas de nous prononcer sur la légitimité du mouvement mais de trouver une solution pour une fin d’année universitaire qui ne pénalise personne et qui permette de valider les examens.  

Pourquoi ne pas envisager une validation automatique ?
Pour trois raisons. Certains campus ont été bloqués avant d’autres, des filières n’ont pas été touchées. C’est difficile de valider sur une procédure identique, il faut réfléchir à tous les cas de figure. Ensuite, c’est illégal. N’importe qui pourra attaquer des diplômes devant un tribunal administratif. Les étudiants invalidés verront leur diplôme bloqué pour des années. C’est la pire solution.

Enfin, la crédibilité des universités est en jeu. Si elles se mettent à valider des fictions d’examen, elles montrent à leurs pires ennemis qu’elles sont incapables de garantir la qualité de leurs diplômes. Ce serait la fin de l’université publique. Les étudiants qui disent “il faut une validation automatique” tuent l’université publique et vont faire proliférer les officines privées.

Quelles sont les  solutions de Lyon-II pour les examens ?
On envisage un décalage d’une semaine ou deux du calendrier des examens. La possibilité de basculer en examen final. Le contrôle continu pourrait ainsi sauter pour ceux qui n’ont pas eu cours. La prise en compte par les jurys, sous forme d’un bonus, des éléments de contrôle continu là où il a eu lieu. Enfin la non-discrimination des étudiants selon leur implication dans le mouvement.
 
Et décaler les examens de plusieurs mois, comme le souhaite François Fillon ?
Je m’inquiète de cette initiative. Cela pose des problèmes insurmontables pour les étudiants qui partent à l’étranger. Qu’allons-nous dire aussi aux centaines d’étudiants étrangers qui repartent à la fin de l’année ? Aux étudiants qui sont en fin de parcours et qui ont prévu des stages ou l’entrée dans la vie active ? Il faut prévenir votre employeur que vous aurez des examens en janvier ? C’est par souci des étudiants que nous refusons le décalage des examens et la validation automatique.

Est-ce qu’il est temps de siffler la fin de la récré ?
Ce n’est pas notre rôle. D’abord il s’agit de dire sauvons cette année universitaire. Et nous devons à nos étudiants les diplômes pour lesquels ils nous ont choisis. Si le déblocage se produit alors nous pouvons faciliter d’autres modes pour cette mobilisation. Nous remettons sur la table la possibilité de journées banalisées et la mise à disposition d’amphis pour le mouvement. Il ne s’agit pas de casser la grève mais de reprendre des cours pour ceux qui le veulent pour valider l’année.

Si le blocage n’est pas levé, que se passera-t-il ?
Quel que soit le résultat du vote, il y aura des négociations après. Comment on organise la fin de l’année ? Il faut envisager des horaires de rattrapage, des ouvertures étendues, des cours du samedi, etc… Si le blocage gagne, on se remettra aussi autour de la table. 

Il n’y aura pas d’intervention des forces de l’ordre ?
L’expérience a montré à Lyon-II que cela ne contribue à rétablir ni la situation ni le calme. Des rumeurs nous accusent de préparer l’arrivée des forces de l’ordre, mais contre qui ferait-on intervenir les forces de l’ordre ? Contre les bloqueurs ou contre les enseignants en grève ? Ca n’a pas de sens.

Est-ce que l’Etat n’aurait pas pu gérer ce conflit des universités différemment ?
Le blocage des universités n’est que le reflet du le blocage des discussions au niveau de l’Etat. Si dès le début nous avions eu des négociations plus ouvertes, plus sincères et plus transparentes avec l’Etat, la situation ne serait pas aussi tendue aujourd’hui. Il y a eu de vraies maladresses. Il est encore temps de retrouver un mode de négociations clair où les engagements de l’Etat seront tenus.