Dix jours à peine après sa large réélection à la tête de la Région, Jean-Paul Huchon reprend son bâton de pèlerin contre le Grand Paris. Il a dénoncé mercredi la nouvelle version du projet de loi et son "métro en double boucle", qui sera examiné mardi prochain au Sénat. Le nouveau texte prévoit, parmi une centaine d'amendements, le gel du débat public sur le projet Arc Express de la Région, qui devait débuter en juin.

Une façon de mettre fin à la concurrence entre le projet de la gauche régionale qui privilégie les banlieues denses (10 à 12 milliards d'euros, mise en service partielle en 2017) et le métro défendu par le gouvernement, dont le tracé est plus éloigné de Paris et privilégie les futurs pôles économiques (21,4 milliards d'euros, d'ici à 2025).

"Le 21 mars, les Franciliens ont voté contre le Grand Paris, assure Jean-Paul Huchon. Le gouvernement exprime un incompréhensible entêtement, alors que les élus et les architectes eux-mêmes critiquent son projet. Le nouveau texte nie la compétence régionale en matière de transports, et celle des collectivités en matière d'urbanisme".

La Région attaque aussi la création de deux taxes pour financer le projet : l'une sur les plus-values immobilières autour des futures gares, l'autre sur le matériel roulant, actuellement la propriété de la Région. L'Etat a aussi prévu une dotation en capital de 4 milliards d'euros afin de lever des emprunts sur quarante ans. Une rude bataille parlementaire s'annonce. Si elle échoue, la Région pourrait remettre en cause de nombreux contrats d'investissements passés avec l'Etat.