"La trêve hivernale n’est pas opposable, car il s’agit d’un squat et non d’une location habituelle." Nacer Meddah, préfet de Seine-Saint-Denis.
Sous les flocons qui ne cessent de tomber sur Bagnolet (Seine-Saint-Denis), une soixantaine de squatteurs mercredi s'apprêtaient jeudi soir à passer une seconde nuit dehors. Expulsés d'un immeuble préempté par la mairie en juin 2009, "ils n'ont reçu aucune solution de relogement pérenne. Ils sont face à un mur.", s'insurge Mohammed, représentant de l'association Droit au logement (Dal).
Laurent Jamet, 1er adjoint au maire en charge de l'habitat, s'en défend, assurant que "des propositions d'urgence ont été formulées. Par nature, elles sont temporaires."
Mercredi, le 22 de la rue Victor Hugo, squat de la communauté malienne depuis une quinzaine d'années, avait immédiatement été rasé par un bulldozer. En lieu et place du "ghetto" -surnom donné au lieu par les habitants du quartier- "un certain nombre de logements sociaux" doit voir le jour en 2011. En attendant, le Dal a tenté d'installer à proximité un campement de fortune. Qui n'aura subsisté qu'une nuit, de mercredi à jeudi, les CRS ayant saisi la quinzaine de tentes jeudi dans l'après-midi. "Des méthodes d'un autre âge", s'est indigné le parti communiste, dont le maire est pourtant issu.
"C'est une décision du préfet, qui intervient après des années de procédures judiciaires", s'est justifié M. Jamet. Selon lui, "l'immeuble posait d'énormes problèmes d'hygiène et de sécurité, étant un lieu de trafics en tout genre, notamment de drogues."
Pour le porte-parole du Dal, Jean-Baptiste Eyraud, "les trafics n'émanaient pas des occupants. Et il n'y avait aucune urgence à mettre les gens dehors en plein hiver".






















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