A l'intérieur de l'imposant dispositif de sécurité déployé sur le quai Branly, ce jeudi matin, le président israélien Shimon Peres, Bertrand Delanoë, la maire du VIIe Rachida Dati, de nombreux élus et plusieurs centaines d'invités étaient rassemblés pour inaugurer la nouvelle esplanade David Ben Gourion, en l'honneur du père fondateur de l'Etat d'Israël, face au musée des Arts premiers.
A quelques centaines de mètres de là, près du pont de l'Alma, une centaine de manifestants pro-palestiniens s'étaient regroupés peu avant, à l'appel de Droits devant ! et d'Europalestine, pour dénoncer l'initiative de la Ville en scandant "Dehors, Peres, assassin" à l'attention du Nobel de la paix et "Israël assassin, Delanoë complice".
Avant le début de la cérémonie, certains militants ont réussi à déjouer brièvement le quadrillage assuré par plusieurs centaines de policiers en brandissant des drapeaux depuis une péniche, en contrebas du quai Branly, avant que celle-ci ne soit arraisonnée par la brigade et contrainte à faire demi-tour. Quelques instants plus tard, une poignée de manifestants sont parvenus à s'approcher de l'esplanade par les jardins du musée. Depuis l'esplanade, des convives ont scandé "Israël vivra" en réponse aux slogans hostiles à l'Etat juif.
Esplanade contestée
Dans un communiqué, Droits devants ! et CAPJPO-Europalestine avaient dénoncé quelques jours plus tôt l'hommage rendu par le maire de Paris à deux "criminels de guerre", visant ainsi David Ben Gourion, ancien Premier ministre et fondateur de l'Etat d'Israël, mort en 1973, et l'actuel président Shimon Peres, auquel les collectifs imputent une "longue carrière de criminel d'Etat".
"Je ne m'excuse pas, mais j'assume et je revendique la légitimité du combat de Ben Gourion, a martelé en réponse Bertrand Delanoë. Car si je comprends que la paix n'est pas là, que le peuple palestinien a le droit comme celui d'Israël à un Etat, à la même dignité, au même respect, je dis en même temps à ceux qui combattent notre initiative de ce matin que les arguments qu'ils emploient, parfois par ignorance, rejoignent ceux qui ont contesté la naissance même de l'Etat d'Israël".
Pour le maire de Paris, Ben Gourion s'est notamment illustré en 1967, en réclamant "la paix plutôt que les territoires". "Je veux défendre le combat d'un peuple, d'un Etat pour son droit à l'existence", a-t-il conclu, rappelant que la nouvelle esplanade Ben Gourion se situait à quelques dizaines de mètres de l'esplanade Habib Bourguiba, du nom de l'ancien président tunisien, "le premier chef d'Etat arabe qui a dit oui l'Etat d'Israël, avec un Etat palestinien à côté".
Les élus au conseil de Paris avaient adopté en juillet 2008 la délibération créant l'esplanade Ben Gourion "sans aucun vote contre", a rappelé le maire de Paris. Les élus communistes et écologistes, gênés cependant par l'initiative, ont demandé que la Ville dédie aussi un lieu à l'ancien leader palestinien Yasser Arafat. Dans un autre registre, les élus parisiens ont récemment décidé qu'un lieu de la capitale rendrait hommage au grand poète palestinien Mahmoud Darwich, disparu en août 2008.

































