Chaque matin, c’est un peu la même chose. Une boule au ventre avant d’aller travailler et la crainte de ne jamais revenir. “Je n’ai jamais été braqué, mais je vis dans la peur”, confesse Michel, fabricant de bijoux dans le Rhône.

Vendredi matin, trois individus armés et cagoulés ont tenté de dévaliser une bijouterie à l’angle des rues de Brest et de Mercière, avant de s’enfuir et de tirer sur la police. Il s’agit du quatrième braquage en une semaine dans la région lyonnaise, au moins le dixième depuis les quatre derniers mois. “Quelles que soient les mesures que l’on peut prendre, comme installer des systèmes d’alarme, rien ne peut les contrer”, s’inquiète Michel.

Lyon est particulièrement ciblé par les braqueurs : depuis la Renaissance, la fabrication de bijoux y est très développée. Selon les enquêteurs, ces vols à main armée seraient orchestrés par des “équipes à tiroirs”, des malfrats qui se connaissent et se répartissent les tâches. Mais pour Roland Bernard, le président du syndicat des fabricants de bijoux, lui-même agressé la semaine dernière, “la médiatisation de ces braquages donne des idées à d’autres”.

Selon lui, l’augmentation de 40 % du prix de l’or serait en partie responsable de cette recrudescence de violence. Les bijoutiers, qui se disent “en guerre”, vont suivre une formation auprès des gendarmes, pour apprendre notamment à se déplacer en toute sécurité entre leur domicile et leur lieu de travail.