Mis à jour 29-06-2009 20:04

Délogés par le tramway

A Châtillon, les locataires d'un hôtel promis à la démolition espèrent être relogés...

Les locataires d'un hôtel de Châtillon menacé par le tracé du tram mettent la pression pour être relogés

Les locataires d'un hôtel de Châtillon menacé par le tracé du tram mettent la pression pour être relogés

Photo : VM / Metro

Cela n’aurait pu être qu’une triste mais banale histoire de marchand de sommeil. Dans un hôtel insalubre du 88, avenue de Paris, à Châ­tillon, quinze célibataires, un couple ainsi que cinq fa­milles avec enfants partagent à trois ou quatre des chambres de 15 mètres carrés, pour 400 à 500 euros par mois. A l’intérieur du bâtiment de quatre étages, des familles, salariées dans les environs, vivent dans des conditions sanitaires déplorables.

Propriété du conseil général
Mais pour Gary, qui partage depuis quatre ans une chambre avec sa femme et sa fille, le problème n’est plus là. L’hôtel, désormais propriété du département, va être rasé car il est sur l’axe du futur tramway T6 (Châtillon-Viro­flay), qui sera construit entre 2010 et 2013. “J’ai fait toutes les demandes possibles de logement social, explique Gary. La mairie nous renvoie vers le conseil général, mais rien n’a été proposé.” Pour alerter sur leur situation, huit associations, dont la Ligue des droits de l’homme et l’As­sociation pour le droit au logement social à Châtillon ont protesté hier matin devant l’immeuble, lors du passage du juge des expropriations. De nombreux élus de l’opposition municipale (PS, PCF, Parti de gauche, Montrouge démocrate, Les Verts et Cap 21) sont venus les soutenir. “L’hôtel doit bien sûr être démoli, estime Martine Gouriet, conseillère générale PS de Châtillon. Mais pas sans solution de relogement.” “Avec son projet de tramway, le conseil général gère une bande de 50 mètres de cha­que côté du futur tramway, juge Jérôme Desquilbet, conseiller municipal Vert. C’est une grosse opération immobilière qui ne se préoccupe pas de ces personnes”.

“Pas avant un an”
La mairie, tenue par le dé­puté-maire UMP Jean-Pierre Schosteck, indique cependant qu’il n’y aura “pas d’expulsion avant un an”, tout en rappelant que le relogement relève du conseil général. Le département explique de son côté que la justice déterminera le 23 septembre si ces personnes “doivent être relogées par le conseil général”. Six semaines plus tard, elle statuera “sur le droit au relogement de ces personnes”. Le cas échéant, des solutions de relogement seront alors re­cherchées avec les services sociaux.

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