"Plus vite, plus haut, plus fort". C’est la devise olympique… et le défi relevé chaque année par le Carnaval de Nice. Encore trois jours et trois nuits de patience avant que le Roi de la Planète Bleue et sa drôle de cour ne défilent sur la Promenade des Anglais et la place Masséna. Enfin… s’ils arrivent à s’extraire de leur cocon de la rue Richelmi.
Oui, cette année les chars ont pris un peu d’embonpoint. Pour le dire franchement, de mémoire de carnavalier ils sont même carrément plus gros que jamais. C’est bien simple : dans la Maison du Carnaval il n’y a plus un centimètre carré de libre. Les vingt chars, collés les uns aux autres, coincés contre le plafond, débordent littéralement de leur plateforme. "Ca a été un peu galère", confie un habitué.
Derniers préparatifs
Dans ces conditions, impossible de tester les mécanismes articulés qui feront vivre les chars durant les corsos. Il faudra attendre vendredi pour les voir s’animer. Du coup, dans cette ruche dédiée à la fête, on ne rigole pas : on cintre des tubes d’acier, on soude, on colle, on peint, on retouche jusqu’à la dernière minute. Tout cela dans un silence quasi religieux.
Pour découvrir les monstres colorés de ce 126ème carnaval de Nice, rendez-vous vendredi soir place Masséna. La première bataille de fleurs c’est samedi à 14h30, puis le corso illuminé à partir de 21 heures.
"Le carton-pâte, c'est dépassé"
La parole à Eric Dubreil, directeur artistique du carnaval
Ça sent fort la peinture, c’est bon signe ?
Si on veut. Les carnavaliers en sont aux finitions et aux assemblages. Il nous reste peu de jours… heureusement qu’il y a des nuits !
Ça va être un beau carnaval ?
Un carnaval exceptionnel ! Il n’a jamais été aussi volumineux : plus de la moitié des chars font 12 mètres de haut contre 7,5 mètres avant. Le roi culmine à 16 mètres et fait 10 mètres de large. On arrive au maximum possible. On se demande même un peu comment ils vont sortir du hangar. Le roi et la reine seront assemblés vendredi à l’extérieur.
Ça se fabrique comment des chars de cette taille ?
Avec des structures en métal, articulées par des vérins hydrauliques, et recouvertes de matières plastiques, de ouate, de lycra. Le carton-pâte, c’est un peu dépassé… Nous ne sommes plus un carnaval de quartier, on fait dans le grandiose.
Ça innove cette année ?
Le char imaginé par l’artiste Moya, "le Tri sélectif", est une structure en métal brut. Durant tout le carnaval, une équipe va récupérer les bombes spaghetti vides et les poser sur un tapis roulant à l’arrière du char. Elles vont ensuite être conduites dans le ventre grillagé d’un éléphant. C’est original et ça montrera le savoir faire des carnavaliers en matière de structures métalliques, qui habituellement sont cachées.