L'annonce de la fermeture de l'usine de Noyelles-lès-Seclin, qui emploie 276 salariés, a créé un immense choc. Seules douze personnes devraient initialement se voir proposer un départ à la retraite, les autres étant invitées à occuper un poste sur le site des Gravanches, à Clermont-Ferrand.
Il y a un délit d'entrave : avec les syndicats, nous irons le prouver devant les tribunaux." Martine Aubry, présidente de Lille métropole communauté urbaine (LMCU)
Selon Gilles Cocquerez, délégué FO, les salariés ont le « sentiment d'avoir été de très bons élèves et d'être trahis par leur professeur" : "En 2008, nous avons eu les meilleurs résultats du groupe Michelin, et aujourd'hui, on nous annonce la fermeture prochaine du site », regrette-t-il. Les reclassements à Clermont-Ferrand ? Peu sont en mesure de déménager : « Je viens d'acheter une maison, ma femme travaille ici. C'est un gros coup de massue", a déclaré Christophe, 39 ans, dont seize à Michelin.
Alors, beaucoup songent à « se battre » et à "ne rien lâcher", avec, dans la tête, l'exemple des salariés de l'usine Continental de Clairoix et les "bénéfices records" de Michelin : « Le reclassement, c'est à négocier, estime Laurent Decarpentry, délégué CFDT. Ca peut être acceptable si les conditions sont intéressantes, mais pour beaucoup, ce sera impossible de bouger."
Accompagné de Michel-François Delannoy, premier vice-président de LMCU (Lille métropole communauté urbaine), et de Pierre de Saintignon, vice-président du conseil régional, Martine Aubry, maire de Lille, s'est rendue hier à la rencontre des salariés : "On est ici chez Michelin, pas dans une PME qui serait lâchée par son principal client", a-t-elle déclaré, « en colère », à des représentants syndicaux et des salariés du site. "Il y a un délit d'entrave: avec les syndicats, nous irons le prouver devant les tribunaux", a-t-elle ajouté, estimant "qu'à l'évidence, la fermeture de l'usine était prévue d'avance".
« Dans une période certes difficile économiquement, nous pourrions souhaiter que la responsabilité sociale d'entreprises bénéficiaires les amène à accepter une baisse de leurs profits et le maintien de leur personnel dans la perspective de jours meilleurs », a déclaré pour sa part Michel-François Delannoy.





















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