Elles n’ont a priori aucune chance de peser lourd dans la balance des européennes dans le Sud-Ouest, où les grosses affiches sont nombreuses (Baudis, Arif, Mélenchon ou Bové). Mais qu’à cela ne tienne, les cinq femmes tête de liste (sur vingt-quatre) aux élections de dimanche prochain mènent campagne avec ténacité, défendant souvent une Europe sociale, et montrant ainsi que la politique n’est pas qu'une affaire d'hommes.

Sandra Torremocha, Lutte ouvrière
Pour cette enseignante à Muret, ces élections sont l’occasion de faire "un geste politique contre la dictature des grands groupes". "Il est inadmissible que les conséquences de la crise retombent sur ceux qui souffrent", estime cette militante de 35 ans. Pour elle, il est aujourd’hui essentiel de construire une Europe autrement, qui se préoccupe aussi des droits sociaux.

Myriam Martin, Nouveau Parti anticapitaliste
"Susciter un intérêt pour l’Europe afin de lutter contre l’abstentionnisme." C’est l’ambition affichée par Myriam Martin, professeur à Toulouse, pour cette campagne. "Beaucoup se sentent dépossédés de cette Europe-là, mais on veut montrer qu’il est possible de créer une Europe socialiste et pas que marchande", indique la tête de liste du parti d'Olivier Besancenot.

Ixabel Etxeverria, Euskal Herriaren Alde (Pour le Pays basque)
Selon cette enseignante défenseure du Pays basque, les petits moyens de son parti la contraignent à ne faire campagne que sur un territoire limité. "Nous sommes une liste de gauche indépendantiste pour le droit et l’autodétermination du peuple basque", explique Ixabel Etxeverria, qui promeut "l’Europe des peuples et des nations".

Sylvie Barbe, Europe décroissance
Sylvie Barbe, artisan dans les Cévennes, espère profiter de ces élections pour le faire connaître son parti, encore tout neuf. "Nous sommes pour une Europe anticapitaliste, où les liens humains sont plus importants que les biens matériels, indique-t-elle. Il existe des alternatives pour changer en profondeur notre société." Selon elle, la croissance rime avec taux de chômage, quand la décroissance volontaire promet du partage.

Douce de Franclieu, Alternative libérale
A 49 ans, cette mère de famille ultralibérale peine à faire entendre sa voix. "C’est bien simple, les médias ne marchent qu’au pas des grands partis, estime-t-elle. Est-ce du chauvinisme, du machisme ou de l’antilibéralisme ? Je n’ose répondre", lance Douce de Franclieu, pour qui l’Europe peut "devenir sympa et prospère" si on ne tombe pas "dans un Etat gendarme" et si on combat "les monopoles".