Cinquante ans après vous retrouvez le lycée de votre adolescence...
C'est un retour aux sources puisque j'ai effectué toutes mes années de collège et de lycée à Pasteur. J'y suis entré l'année de l'inauguration de l'établissement en 1960.

Quel message avez-vous délivré à vos lointains successeurs sur les bancs du lycée Pasteur ?
J'ai fait passer un message : celui d'être prudent dans l'utilisation des réseaux sociaux. C'est un progrès dans le sens ou cela améliore la communication mais il faut savoir maîtriser son usage et pour l'instant avec les jeunes, le seul registre sur lequel on puisse agir c'est la pédagogie.

Les jeunes sont friands des réseaux sociaux comme Facebook, comment les élèves ont-il perçu votre mise en garde ?
J'ai été très surpris de l'attention des lycéens, ils étaient très à l'écoute. Avec ce genre de public on peut toujours craindre le "cause toujours...",alors que finalement ils sont conscients des risques.

Selon vous, les réseaux sociaux sont donc dangereux ?
Oui car ils entrent dans un contexte de numérisation de la société. C'est la liberté d'expression qui est mise en cause. A 16 ans on peut écrire et penser des choses mais il faut savoir qu'il y aura toujours une trace. Ces jeunes lycéens doivent savoir que plus tard, on pourra leur ressortir certains écrits ou certaines photos publiés sur Facebook et que ça pourra leur nuire. Les recruteurs ou même les policiers utilisent beaucoup ce genre de réseaux. La police y trouve d'ailleurs beaucoup plus d'informations que sur les fichiers des Renseignements Généraux.

Il faut donc éviter de trop raconter sa vie sur Facebook ?
Il faut surtout être cohérent dans son utilisation. Ce n'est pas parce qu'on a rien à cacher que l'on peut tout dire, sinon c'est la fin de l'intimité. Et le respect de l'intimité est quelque chose de primordial. Les jeunes doivent le comprendre.