Il vaut mieux un pirate identifié que cent fans légaux. Telle est la conclusion à laquelle est parvenue DigiRights Solution (DRS), un groupe allemand de lutte contre le piratage, qui a constaté que les téléchargements illégaux pouvaient se révéler nettement plus rentables que la vente en ligne légale. 150 fois plus rentables pour être précis.
Comment ? DRS a récemment publié un PowerPoint (en allemand) qui montre comment les ayant-droits - et les sociétés spécialisées contre le piratage - peuvent se faire des millions sur le dos des pirates. Le calcul est simple : en Allemagne, toute personne coupable de téléchargement illégal est passible d'une amende de 450 euros par fichier.
Sur ce montant, 20 % de la somme (90 euros) est reversée aux juristes des plaignants et 90 euros va directement dans la poche de ou des ayant-droits. Le reste, 360 euros, sert à payer la société de lutte contre le piratage, des honoraires d'avocat, des frais techniques, les lettres envoyées aux internautes pirates, etc.
90 euros pour les ayants-droit par morceau de musique ou film piraté, cela laisse songeur. Surtout quand on sait qu'une chanson peut être vendue 0,99 euros sur des sites légaux et que sur ce montant, l'artiste touche 60 centimes, soit 150 fois moins que les 90 euros reversés à l'artiste ou à sa famille.
DRS souligne la simplicité de la méthode : soit on prend le pirate sur le fait, soit il suffit de mettre en ligne des fichiers-leurres au nom séduisant (par exemple le titre du dernier album de Michael Jackson) et d'attendre que le poisson morde à l'hameçon avant de demander aux fournisseurs d'accès Internet l'adresse des personnes se cachant derrière les adresses IP coupables.
Il ne reste plus alors qu'à envoyer une lettre enjoigant l'internaute de payer au plus tôt sous peine d'un procès. 25 % d'entre eux s'exécutent immédiatement sans poser de question assure DRS. Un chiffre bien plus important qu'on ne le supposait.
Selon cette réflexion, si un artiste connu aidé d'une société de lutte contre le piratage parvient à identifier 5.000 pirates de son oeuvre par mois, qu'une lettre est envoyée à chacun et qu'un quart paye, alors il peut espérer empocher 112.500 euros mensuellement. Sans même avoir besoin de travailler.
Pour atteindre ce chiffre, il lui faudrait vendre près de 190.000 chansons via des sites légaux. Le plus beau dans l'histoire ? L'artiste peut très bien faire les deux parallèlement !










































