Connaissez-vous Léon-Robert de L'Astran ? Méconnu de son vivant, cet homme gagne pourtant à être connu. C'est que le mystérieux personnage s’est retrouvé au cœur d’un vibrant hommage de Ségolène Royal.

Le 10 mai dernier, lors de la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage, elle évoque le personnage rochelais pour donner une dimension locale à un discours historique.

"Au XVIIIe siècle, Léon-Robert de L'Astran, humaniste et savant naturaliste, mais également fils d'un armateur rochelais qui s'adonnait à la traite, refusa que les bateaux qu'il héritait de son père continuent de servir un trafic qu'il réprouvait", écrit Ségolène Royal sur sa page Facebook et sur le site de son mouvement  Désirs d'avenir. Sauf que Léon-Robert de L'Astran n’a jamais existé. Et c’est justement ce que révèle le quotidien Sud-Ouest lundi.

C'est un autre Rochelais qui va découvrir la supercherie. La demande d'un étudiant souhaitant des renseignements sur ce personnage soi-disant historique, éveille la curiosité et les soupçons du bibliothécaire et historien, Jean-Louis Mahé. Son investigation le conduit jusqu’à l’auteur de l’article, un membre du Rotary club de La Rochelle qui, contacté par le quotidien, soutient mordicus que Mr L'Astran a bel et bien existé.

Mais si le personnage n’est que fiction, l’erreur on le sait, est humaine. Sur la toile, Léon-Robert de L'Astran prend toute sa vie et on se laisserait presque berner. Savant, farouche opposant au commerce triangulaire au 18e siècle, l’illustre personnage qui effectua un voyage aux Amériques avec La Fayette, serait né le 20 janvier 1767, puis en 2007, date de création de sa biographie dans Wikipédia, l'encyclopédie participative sur internet.

Il s’éteint précipitamment aujourd’hui après que cette dernière, informée du canular, a supprimé sa fiche. Que les nostalgiques de l'humaniste virtuel se rassurent, un site internet sur les trésors cachés du Poitou propose toujours un voyage culturel en passant du vieux port à l’aquarium de La Rochelle, sur les traces de L'Astran.

Quant à celle à l’origine du flop, qui n'est autre que la collaboratrice de Ségolène Royal, Sophie Bouchet-Petersen, elle a finalement posté son erratum : " J'avoue être l'auteure de la référence à Léon-Robert de L'Astran, opposant à l'esclavagisme dont on aurait aimé qu'il existât, tant l'histoire était belle".

Ségolène Royal, a préféré garder le silence. Mais que le personnage imaginaire profite de son heure de gloire car il pourrait disparaître aussi rapidement qu'il est arrivé, ou se retrouver, c'est de bonne guerre, à la rubrique Et si on en riait ? du blog de cette dernière.