Second Life existe encore. C’est, en soi, une information au vu du buzz que l’univers virtuel avait connu autour de 2007 et du brutal retour sur terre médiatique qui s’en est suivi. Les médias ont déserté Second Life, mais qu’en est-il des utilisateurs ? Les statistiques d’audience sont contradictoires. Pour l’entreprise américaine, tout va bien. "Le nombre d’utilisateurs actifs a encore progressé de 24% en un an, le nombre d’heures passées sur Second Life a augmenté de 33% et les transactions entre utilisateurs de 99%", affirme le PDG Mark Kingdon. Une croissance continue donc, même si elle reste inférieure à celle que connaissait le monde virtuel il y a encore deux ans.

Difficultés techniques
Certains chiffres tendent pourtant à démontrer une baisse de l’activité. Des sites spécialisés ont mesuré le nombre d’utilisateurs connectés au même moment et ont trouvé une légère baisse d’audience depuis le mois de mai. "La faute à la chasse aux robots et aux faux utilisateurs", répond-on du côté de la firme, qui met en avant la durée de connexion des internautes, supérieure aux réseaux sociaux comme Facebook. Certaines régions du monde virtuel, très prisées il y a encore quelques mois, apparaissent aujourd’hui désertes. Les investissements des entreprises, annoncés comme prometteurs, tardent à s’envoler. En cause : des problèmes techniques récurrents et une utilisation parfois difficile. Des problèmes sur lesquels les dirigeants de Second Life affirment plancher. "Nous avons déjà beaucoup investi pour améliorer l’expérience des utilisateurs", explique Mark Kingdon.

Des projets
Autre motif d’espoir pour Second Life : la croissance dans certains pays. 65% des utilisateurs seraient situés hors Etats-Unis, un chiffre en hausse. Et l’interface est désormais disponible en sept langues. Enfin, SL espère séduire les entreprises en leur proposant des offres sur mesure. "Nous pouvons vraiment réussir sur ce créneau car les entreprises peuvent tout faire chez nous : du travail collaboratif, de la messagerie instantanée, des démos…" Ni révolution annoncée, ni mort absolue, Second Life chercherait donc encore, plus modestement, son chemin...