Ca a le mérite d'être clair. "Il est irresponsable et inamical de la part de Google de persister à vouloir agir contre les lois et les régulations chinoises, et il devra en supporter les conséquences." La sentence est signée Li Yizhong, le ministre chinois de l'industrie et des technologies de l'information. Si le moteur de recherche américain en était toujours à espérer un geste de la Chine pour atténuer sa politique de censure de l'accès à internet, il devrait maintenant avoir compris.
Au début du mois de janvier dernier, Google avait déjà menacé de quitter le pays après avoir été la victime de cyberattaques en provenance d'écoles chinoises. Les discussions sont demeurées tendues depuis, et la firme américaine est plus que jamais sur le départ. En Chine, la législation est claire : les autorités fournissent une grille de critères et de mots-clés à laquelle tout site basé sur le territoire doit se soumettre, sous peine de représailles administratives, voire de blocage pur et simple.
Pour le journal britannique The Financial Times, la fermeture de la déclinaison chinoise de Google est "à 99,9% certaine". Le filtrage des résultats de recherche chinois serait bien trop contraignant pour l'entreprise de Mountain View, sans doute irritée par l'inflexibilité des autorités locales. Difficile en effet de censurer les Facebook, Twitter et autre YouTube, même en Chine. Le géant américain renoncerait ainsi à un marché de plus de 380 millions d'internautes. Ce qui arrangerait peut-être le moteur de recherche chinois Baidu, disposant déjà d'une audience nationale de 58%.
Signe qui ne trompe pas : d'après le New York Times daté du 15 mars, plusieurs portails chinois dont les recherches passent par Google ont été contactées par les autorités pour qu'ils prévoient une alternative à la firme américaine. En cas de fermeture, Google.cn resterait tout de même accessible hors de Chine. Ce qui n'empêche évidemment pas les internautes chinois de se mobiliser, malgré la censure de leurs discussions en ligne sur le sujet. On se souvient qu'en janvier, quand Google avait déjà évoqué son départ, nombre d'entre eux avaient déposé des fleurs au siège pékinois du moteur de recherche.










































