Mis à jour 15-11-2009 19:46
46.000 euros de téléphone... sans forcer
Dans le nord de la France, un abonné Orange a reçu une facture de téléphone de quelque 46.000 euros. Merci la clé 3G.

Photo : Tijani Smaoui/Metatong
Eric Gernez, le gérant du café-friterie de la place, à Petite-Forêt dans le Nord, ne semble pas foncièrement un accro du téléphone.
Certes, il possède un mobile, mais qui de nos jours n'en a pas ? Certes, il est internaute à ses heures et s'est récemment laissé tenter par la clé 3G que lui proposait Orange/France Télécom, son opérateur. Oui, mais il n'abuse ni de l'un, ni de l'autre... du moins il le croyait.
Tout comme il pensait que son forfait internet "illimité", à 95 euros par mois, lui permettait de surfer sur son PC et de récupérer ses mails où qu'il se trouve, et surtout sans compter.
Le hic, c'est que la facture correspondant à son premier mois d'utilisation du service a atteint le montant faramineux de 45.923,61 euros. Quand bien même aurait-il téléphoné non stop du 1er au 31 août, on se demande quelle lointaine contrée il eût fallu appeler pour en arriver là.
Convaincu d'un bug informatique, ou peut-être d'une erreur de routage, difficile de savoir dans un premier temps, le cafetier garde son sang froid, il en rigole même, et logiquement se tourne vers son opérateur de téléphonie.
Hélas pour lui, Orange ne constate pas d'erreur et continue d'exiger la somme. D'ailleurs il vient de recevoir un premier rappel.
Aux dires d'Eric Gernez, qui s'est confié à L'Observateur du Valenciennois, le créancier se serait tout de même fendu d'un geste commercial, "un échéancier sur 40 ans", et d'une explication plausible, sinon satisfaisante pour le cafetier désormais sous antidépresseurs.
Comme tant d'autres, ce consommateur malavisé n'a pas bien lu le contrat : l'accès Internet était effectivement illimité dans le temps, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, mais pas quant au volume de données téléchargées, facturées "au poids" et plutôt lourdement, sitôt le gigaoctet forfaitaire dépassé.
Comble de malchance, Gernez n'habite pas bien loin de la frontière, ainsi, il a pu arriver que sa clé 3G accroche un réseau téléphonique belge, de facto hors forfait et autrement plus coûteux.
Avec le renfort de l'association UFC Que Choisir, ce client malheureux va chercher un terrain d'entente avec son opérateur. Reste que cette affaire n'est pas inédite : des possesseurs de smartphones séjournant à l'étranger ont déjà fait les frais des tarifs "data" délirant pratiqués sitôt que l'on quitte le territoire. En attendant que les pouvoirs publics ne mettent bon ordre sur ce marché, un abonné averti en vaut deux...
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