Mardi 27 novembre, les Amis des plaisirs du goût, une association de citoyens, a appelé lors d'une conférence de presse à "la mobilisation de tous pour défendre la liberté d'expression menacée au nom de la lutte contre le tabagisme". Visant en particulier le décret interdisant de fumer dans les lieux publics, qui entrera pleinement en vigueur le 1er janvier prochain, le président d'APG, David Droulez, fait le point sur le positionnement de son association.

Relaxnews : Quelle sont les demandes des "Amis des plaisirs du goût" ?
David Droulez :
Nous sommes une association de citoyens, récemment créée, en septembre dernier. Nous nous battons en premier lieu pour la liberté d'expression. Nous considérons que la France fait preuve d'extrémisme en matière de santé publique, et est en train d'entamer une véritable chasse aux sorcières. Depuis quelque temps, la presse et le site Internet consacrés au cigare, bien souvent tenus par de petits clubs d'amateurs de cigare locaux, sont attaqués de toute part. Leur liberté d'expression est réduite, ce qui n'est pas normal dans un pays de liberté tel que la France. On assiste à la mort de la presse spécialisée dans ces sujets, et des clubs de cigares, au nom de la loi Evin, pourtant en place depuis 15 ans.

R : Quel est votre positionnement concernant le décret d'interdiction de fumer dans les lieux publics, qui concernera les bars tabacs, restaurants et discothèques le 1er janvier ?
D.D :
Nous ne sommes pas contre la législation antitabac. C'est une très bonne chose de protéger la santé des non fumeurs, mais il ne faut pas entrer dans l'extrémisme inverse. Nous souhaitons des aménagements pour qu'il reste des lieux conviviaux, dans lesquels les fumeurs puissent se réunir. Même aux Etats-Unis et au Canada, pays à la pointe de la lutte contre le tabac, il reste de tels lieux. La France devient un pays extrémiste en terme de santé publique, nous assistons à une dérive claire.

R : Cela signifie-t-il qu'il faut des lieux "réservés aux fumeurs" ?
D.D :
Il faut surtout des lieux où les amateurs de cigares, de cigarettes et de bonne chère puissent se retrouver, sans contourner la législation. Nous soutenons les propositions d'un groupe parlementaire qui a demandé la semaine dernière des aménagements au décret. Il n'est pas normal qu'on ne puisse pas fumer dans les endroits où on vend du tabac, qui est un produit en vente libre en France. Les clubs de cigares, où les bars à chicha, doivent aussi continuer à exister, car il y a des amateurs et que les produits qui y sont consommés sont légaux. Les personnes qui travaillent dans ces endroits sont conscients des risques et font le choix de les prendre. C'est une forme de liberté. La France se trompe de combat. Si elle veut interdire le tabac, elle doit s'attaquer à l'industrie, et non aux fumeurs. Au nom de la santé, tous les produits représentant un plaisir seront bientôt interdits, même les fromages au lait cru.

R : Combien de personnes vous ont déjà rejointes ?
D.D :
Notre mouvement compte plus d'une centaine de personnes. Pour une association si jeune, c'est déjà bien. Nous réunissons tous ceux qui ne sont pas d'accord avec l'acharnement de la France en matière de santé publique, et qui veulent rétablir le goût des bonnes choses et de la convivialité.

Une pétition est en ligne sur le site de l'association des Amis des plaisirs du goût : www.plaisirsdugout.com