La concertation sur l'offre culturelle et la lutte contre la piraterie sur Internet menée par Denis Olivennes, Président-Directeur général de la Fnac, a livré ses conclusions ce vendredi. En matière de cinéma, le délai de mise à disposition des films en vidéo à la demande (vod) passe de sept mois et demi à six mois après leur sortie en salles. Il s'aligne ainsi sur la fenêtre de sortie des DVD.

L'alignement de la "fenêtre de la vidéo à la demande à l'acte sur celle de la vidéo physique" débutera en même temps que le fonctionnement effectif du mécanisme d'avertissement et de sanction préconisée par la Mission Olivennes, qui devrait être adopté avant l'été 2008, selon la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Le raccourcissement se traduira par une mise à disposition des longs métrages en vidéo à la demande six mois après leur sortie en salles contre sept mois et demi auparavant. Le rapport du patron de la Fnac encourage également les efforts pour systématiser le passage des oeuvres cinématographiques en vod et le développement de "technologies de marquage".

La prochaine étape se dessine déjà et mènera à une modification plus globale de la chronologie des médias "dans un délai maximal d'un an à compter du fonctionnement effectif du mécanisme d'avertissement et de sanction". L'objectif étant de permettre une disponibilité "plus rapide en ligne des oeuvres cinématographiques" tout en les intégrant harmonieusement parmi la chronologie des autres supports (DVD, chaînes de télévision).

La chronologie des médias agite le monde du cinéma depuis l'essor de la piraterie sur Internet. D'après l'étude annuelle de l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) et du Centre national de la cinématographie (CNC) sur l'offre de films piratés parue en octobre dernier, 93,6% des films piratés et déjà sortis en salles en 2006 étaient disponibles sur les réseaux de partage illégaux avant leur sortie DVD française.

Face à ce phénomène, le Syndicat de l'édition vidéo numérique (SEVN) plaide pour un raccourcissement du délai de sortie des films en DVD de six à quatre mois. Une réduction de la fenêtre vidéo à laquelle la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) s'oppose en revanche farouchement. Elle considère qu'elle affaiblirait "le mode de diffusion des œuvres qui créé la valeur des films pour l'ensemble de la filière".