L'UFC-Que Choisir a réagi, mercredi 21 novembre, aux premières conclusions de la mission Olivennes sur le téléchargement, qui seront présentées officiellement vendredi prochain, à l'Elysée, sous l'égide du Président de la République, Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion tripartite réunissant le ministère de la Culture, les fournisseurs d'accès à Internet et les ayants droit.
Julien Dourgnon, directeur des Etudes et de la Communication à l'UFC-Que Choisir, a eu accès aux dernières moutures et à de larges extraits de ce rapport. Il dénonce "un rapport très dur, potentiellement liberticide, antiéconomique et à contresens de l'histoire numérique".
R : Quel est votre avis à la lecture des conclusions de la mission Olivennes ?
Julien Dourgnon : Un profond sentiment de colère. Cette mission était présentée par le ministère de la Culture comme une réflexion ouverte, innovante sur le téléchargement et l'accès à la culture. En réalité, Mme Albanel nous a trompé dès le départ sur ses intentions. La plupart des mesures proposées comme la création d'une autorité administrative à compétence juridictionnelle à visée répressive ou l'ouverture d'un fichier des abonnés dont le contrat a été résilié, ou encore les mesures expérimentales de filtrage, traduisent essentiellement la volonté de renforcer l'arsenal répressif.
R : L'internaute est donc le grand perdant de ce rapport ?
J.T : Le gouvernement se fait, une fois de plus, l'avocat d'une industrie peu innovante aux dépens des internautes. Ce rapport traduit une grande malhonnêteté intellectuelle. C'est une grande déception pour nous, pour les consommateurs.
R : Jugez-vous ce rapport inquiétant pour les consommateurs ?
J.T : Ces conclusions sont dangereuses à deux niveaux. D'une part, elles remettent en cause les libertés publiques dans la mesure où cette surenchère répressive va à l'encontre de nombreux principes constitutionnellement garantis comme le respect de la présomption d'innnocence. De plus, le rapport Olivennes ne statue pas sur l'utilisation des DRM, une mesure pourtant contraignante pour les utilisateurs. Il est pourtant prouvé que ces verrous détruisent la valeur économique du fichier et par conséquent de l'oeuvre musicale. D'autre part, ce rapport est aussi inquiétant pour le développement du numérique car il va à contre sens de l'innovation.



































