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Mis à jour 09-05-2008 23:33 NEW YORK (AFP)
Le baril de pétrole dépasse les 126 dollars à New York, les frôle à Londres
Photo : David McNew/AFP/Getty Images/Archives
Un puits de pétrole en Californie, en janvier 2008
Le cours du pétrole a dépassé vendredi pour la première fois le seuil des 126 dollars à New York, quelques heures après avoir franchi celui de 125 dollars, poursuivant une course folle, nourrie par les craintes sur l'offre, la robustesse de la demande et la spéculation.
Spectaculaire sur un an, la hausse des prix s'est encore accélérée au premier trimestre cette année : 100 dollars le 2 janvier, 105 dollars le 6 mars, 110 dollars le 13 mars.
Et depuis lundi, l'emballement est vertigineux et les records quotidiens. Après la barre des 120 dollars lundi, celles des 121 et 122 dollars ont été franchies mardi, les 123 dollars atteints mercredi, puis 124 dollars jeudi et enfin 125 et 126 dollars d'un coup vendredi.
Vendredi, les cours se sont envolés jusqu'à 126,25 dollars le baril à New York et 125,90 dollars à Londres.
Le baril de "light sweet crude" pour livraison en juin a terminé la séance du New York Mercantile Exchange (Nymex) sur un record de clôture à 125,96 dollars (+2,27 dollars), tout comme le baril de Brent de la mer du Nord, qui a terminé pour la première fois à 125,40 dollars (+2,56 dollars) à Londres.
Des sabotages sur les installations nigérianes du groupe pétrolier Shell et un regain de tensions géopolitiques entre l'Occident et l'Iran, quatrième producteur mondial de brut, ont servi d'amorce vendredi dernier à cette dernière flambée.
Mais ces craintes n'étaient que les derniers ingrédients de la recette explosive qui a fait doubler en un an les prix du pétrole.
Le principal ingrédient, présent dès 2002, est l'inquiétude suscitée par la croissance de la demande pétrolière dans les pays émergents, notamment en Chine, sachant que l'offre, elle, augmente moins vite : année après année, l'équilibre entre offre et demande se resserre.
Dans ce contexte, l'Organisation des pays producteurs de pétrole (40% de la production mondiale) n'a rien fait pour calmer les prix. Depuis septembre, le cartel pétrolier contemple, impassible, l'envolée des prix et se garde d'agir, de crainte qu'une éventuelle surproduction ne provoque un effondrement des prix.
Jeudi, le secrétaire général du cartel, Abdallah el-Badri s'est contenté de déclarer que l'organisation était "prête à agir si le marché éprouve le besoin de mesures supplémentaires".
Du côté des producteurs hors Opep, le tableau est celui "de performances qui n'ont cessé de décevoir jusqu'à présent cette année", comme l'ont rappelé les analystes de Barclays Capital.
La production pétrolière de la Norvège, cinquième exportateur mondial de brut, a ainsi reculé en avril, selon des chiffres publiés vendredi
Enfin, les opérateurs ont noté avec inquiétude les difficultés des compagnies pétrolières internationales, qui ont toutes affiché au premier trimestre des productions pétrolières en berne.
"Un autre grand facteur (...) est le vif intérêt des fonds d'investissement pour le pétrole, attirés par la rapide appréciation des prix du pétrole cette année", remarquait par ailleurs Michael Davis, analyste de la maison de courtage Sucden.
"Ceci explique probablement les mouvements de prix ces derniers jours, malgré des nouvelles baissières, incluant un dollar plus fort, des nouvelles pour une fois positives en provenance de l'offre au Nigeria, et des craintes sur la consommation d'essence aux Etats-Unis", soulignait-il.
Accusés par l'Opep d'être les grands responsables de la flambée pétrolière, les investisseurs s'en défendent et font remarquer que les prix ont poursuivi leur ascension cette semaine malgré le rebond du dollar face à l'euro. Or, les spéculateurs avaient eu tendance à acheter du pétrole pour se couvrir contre l'inflation en période de baisse du dollar.
Avec le calendrier, un dernier élément pourrait encore faire grimper les prix: la "driving season" - saison des grands déplacements automobiles aux Etats-Unis - approche, réclamant de plus grands volumes d'essence.
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